70% des Lot-et-Garonnais « fibrés » d’ici 5 ans


Les grandes villes ne seront pas les seules à bénéficier du très haut-débit internet. Le syndicat mixte Lot-et-Garonne Numérique s’engage à équiper aussi en fibre optique les zones rurales, c’est-à-dire les 305 communes qui ne seront pas couvertes par les opérateurs privés. L’objectif est d’éviter « une nouvelle fracture numérique » entre Agen, Villeneuve-sur-Lot, Marmande, leur agglomération proche d’un côté et le reste du territoire. Le syndicat mixte, composé par le Conseil Départemental, l’ensemble des communautés de communes et la Région, a ainsi attribué le marché de conception et la réalisation du réseau à un groupement d’entreprises (Engie Ineo, SPIE, Safege) vendredi dernier. « On espère apporter la fibre à 70% des foyers lot-et-garonnais d’ici cinq ans, et 100% dans dix ans », annonce le président du Département Pierre Camani.
Ce projet ambitieux nécessite 13 millions d’investissements par an, sur toute une décennie. Département et Région assurent à hauteur de 3 millions chacun, le reste étant pris en charge par l’Etat et l’Europe. La facture revenant aux localités parfois démunies est ainsi réduite à 45€ par prise, soit 2% du véritable prix de revient. Les opérateurs paieront ensuite une concession pour exploiter le réseau.

Créations d’emplois

« On n’a pas tous besoin de la fibre optique aujourd’hui, mais cela pourrait bien être le cas à l’avenir. Cela va également se traduire par des emplois et la création de nouveaux métiers non délocalisables », ajoute Pierre Camani.
Jusqu’à 150 personnes vont travailler localement sur ce chantier d’envergure selon les entreprises mandatés et une nouvelle formation sur les métiers de la fibre optique va voir le jour au lycée professionnel Jean-Monnet de Foulayronnes. Sans oublier les nombreux sous-traitants et entreprises de travaux publics sollicités…
« Cette transition numérique a de nombreuses vertus », martèle Pierre Camani, qui voit ici une passerelle évidente vers le campus numérique.

Maillage en peau de léopard

Après une longue période de concertation avec les élus locaux, le calendrier du déploiement a obtenu « un quasi consensus ». « Ce sera un maillage en peau de léopard », explique Jean-Marie Lenzi, maire de Montignac-de-Lauzun et membre du syndicat mixte. Comprenez, des plaques jugées prioritaires réparties un peu partout sur le territoire seront desservies en très haut-débit, avant que les trous ne soient comblés au fur et à mesure des dix ans à venir. Les premiers abonnements de cet internet ultra-rapide seront commercialisés début 2018. Les « malchanceux » qui devront attendre l’année 2026 pour jouir des 100 mégabits/seconde promis par la fibre pourront se rabattre sur l’offre Wifi Haut Débit mise en place par le CD47.

Dimitri Laleuf

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