80 km/h : ce qu’en pensent les élus


Michel Lauzzana – député de la 1ère circonscription de Lot-et-Garonne – Favorable

« Je suis un peu comme tout le monde. Ça m’enquiquine de devoir ralentir à 80 km/h. Dans les voitures modernes, on a la sensation de ne plus avancer. Mais l’automobiliste que je suis est également médecin. J’ai eu l’occasion de faire du SAMU dans ma carrière, je suis donc particulièrement sensibilisé aux questions de sécurité routière. Toutes les statistiques montrent qu’abaisser la vitesse ne réduit pas nécessairement le nombre d’accidents mais leur gravité. Et ça, je ne peux pas passer outre. Toutes les réformes routières majeures ont été impopulaires mais c’est selon moi une expérimentation nécessaire. »

Patrick Cassany, maire de Villeneuve, président de la CAGV – Favorable

« En tant que maire, les questions de sécurité routière sont très importantes. Je suis très vigilant sur ce point. Il semblerait que passer de 90 à 80 km/h permette de gagner 13 mètres sur une distance de freinage et ainsi sauver des vies humaines. N’en sauver ne serait-ce qu’une seule serait déjà quelque chose de très positif. Je réitère, priorité avant tout à la sécurité ! »

Pierre Camani, président du Conseil départemental de Lot-et-Garonne – Favorable

« La route tue trop de monde. Je suis favorable à tout ce qui peut empêcher ces drames de survenir et ce doit être le leitmotiv de tous les citoyens. Il faut développer un autre comportement au volant et abandonner notre tempérament méditerranéen au profit d’une attitude plus raisonnable. Je tient à rappeler que dans les années 70, les premières mesures de limitation de vitesse et l’obligation du port de la ceinture de sécurité ont suscité beaucoup d’opposition. On entendait que c’était une atteinte à la liberté individuelle mais aujourd’hui pus personne ne tient ce discours. »

Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen et président de l’Agglo d’Agen- Favorable

« Tout ce qu’on peut faire pour améliorer encore nos dispositifs de sécurité, il faut le faire. C’est comme cela qu’on a pu passer de 13 000 morts par an sur les routes françaises à 3 000 grâce à l’engagement des présidents successifs, notamment Jacques Chirac. Moi-même, je suis le maire qui a fait passer la vitesse en centre-ville à 30 km/h. Mais si la direction est bonne, je suis en revanche sceptique sur la méthode. Le gouvernement passe en force sans avoir fait une étude précise de l’impact. Il aurait fallu être plus costaud sur le dossier avec une évaluation plus précise. Je ne suis pas sûr que les routes sans séparateur central soient toutes aussi accidentogènes. Après, même si nous sommes un peuple de Gaulois râleurs, je pense que cela fonctionnera. »

Olivier Damaisin, député de la 3e circonscription de Lot-et-Garonne – Opposé

« Depuis le début, je suis contre ! Et ce pour plusieurs raisons. J’habite une circonscription sans autoroute et où la seule voie rapide est déjà équipée d’un radar-tronçon. On est le parent-pauvre et pouvoir bien circuler est un enjeu de désenclavement. Je ne suis pas du tout persuadé de l’efficacité de cette mesure. J’ai même peur que de devoir rouler à la même vitesse que les camions crée des comportements dangereux chez ceux qui sont toujours plus pressés que les autres. L’autre chose qui ne m’a pas plus, c’est l’absence de consultation. J’aurais préféré qu’on laisse la responsabilité aux départements de déterminer les axes où limiter la vitesse à 80 km/h plutôt que de systématiser. Après, on fera le bilan dans deux ans. S’il y a moins de victimes sur les routes, je serai le premier à faire mon mea culpa et à m’en réjouir. »   


Le changement des panneaux remboursé par l’Etat

Sur les quelque 3000 kilomètres de route que compte le département, il n’existe que très peu de panneaux indiquant 90 km/h. Cependant, la mise en application de l’expérimentation nécessite quelques aménagements signalétiques. « Les panneaux rappelant la vitesse autorisée au niveau des radars, c’est à l’Etat de les remplacer, rappelle le patron du Département Pierre Camani. Il y a en revanche des panneaux 90 à poser au niveau des douze créneaux de dépassement (ndlr, comme celui de l’ex-Club 47 entre Saint-Antoine et La-Croix-Blanche) puis des panneaux 80 pour en signifier la fin. Il nous faut également procéder à de la signalisation au sol. Tout cela va nous coûter 30 000 euros environ. » Une somme qui doit être remboursée par l’Etat. « Mais je salue encore une fois le génie des fonctionnaires de Bercy qui annonce dans le même temps une baisse à venir d’environ 50 000 euros sur une dotation destinée aux aménagements de sécurité dans les territoires », note Patrick Cassany, vice-président du CD 47 en charge des infrastructures. L’Etat pourrait ainsi se retrouver gagnant sur la facture finale.

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