A Perpignan, le SUA va tester sa force de caractère


Le président du SUA LG, Alain Tingaud, avait dressé sa « to-do list » en début de saison : être dans les cinq premiers de la phase régulière, si possible en jouant une demi-finale à la maison, et rester invincible à Armandie. Depuis dimanche, ce dernier objectif est rendu caduc. La faute à une piètre prestation des Agenais sur leur pelouse face à des Biterrois qui confirment leur regain de forme. Selon Mauricio Reggiardo, la préparation de la rencontre n’est pas en cause : « On a très bien travaillé toute la semaine. En termes de contenu, de concentration et d’investissement, c’était du très bon niveau ». Alors comment expliquer ce « match bizarre », d’après les mots de l’entraîneur des avants ? Le tempo, en premier lieu. « On a compté 24 minutes à peine de temps de jeu avec une quinzaine de pénalités de chaque côté. C’était très haché. Et dans ce contexte, on a du mal. Il nous faut du rythme pour dérouler notre jeu », détaille le coach argentin. L’attitude ensuite. « On a fait les choses à l’envers, souligne Arsène Nnomo. On a joué sans jouer vraiment. Chacun a fait son truc de son côté. On a été individualistes, moi le premier. Et ça ne peut pas marcher. Agen est fort dans le collectif. A la mi-temps, à 5-19, on s’est demandé ce qu’il se passait. Même en Top 14, je ne me souviens pas d’une telle situation. C’est le signe d’un manque d’expérience, il faut être plus malin dans ce championnat. » Si le pilier droit estime que ce catastrophique premier acte a causé la défaite, Mathieu Blin, lui, regrette plutôt la gestion du money-time façon « enfants de choeur ». Dans les deux cas, Agen n’a pas brillé. Le SUA avait pourtant fait le plus dur en reprenant par deux fois l’avantage (20-19, 60e puis 23-22, 68e). Vraiment dommage. Les Agenais tenaient tellement à vivre cette semaine dans la peau du leader… Au lieu de ça, ils ont perdu le sourire et, pour certains, le sommeil. D’où le petit rappel du manager de « ne pas tomber dans la sinistrose ».

« Envie de tout casser »

Contre Perpignan ce week-end, il ne faudra pas se montrer trop dépressif, en effet. Les Catalans sont de gros clients à Aimé-Giral. « Une équipe qui passe à côté peut en prendre 70 là-bas », affirme Mauricio Reggiardo. Narbonne peut en témoigner après le pillage en règle subi fin novembre (66-13). Les deux revers concédés contre Colomiers et Dax étant intervenus tôt dans la saison, difficile d’en tenir compte. Les hommes de Christian Lanta aiment imposer un gros combat physique et sont très difficiles à bouger. « On serait bien prétentieux de dire qu’on veut frapper fort là-bas, assure le demi-de-mêlée Paul Abadie. On va y aller en toute humilité. Mais ce sera l’occasion de voir si cette équipe a du caractère. » Il y a deux ans, rappelez-vous, Agen s’était incliné à Armandie contre l’USAP lors de la dernière journée avant de réagir brillamment en demi-finale à Perpignan lors d’un match épique. On attend une réaction du même acabit ce dimanche même s’il ne s’agit pas de phase finale. Ça tombe bien, les suavistes ont « envie de tout casser », annonce Arsène Nnomo. « On a fait monter l’intensité sur un moment d’opposition mercredi pour énerver les joueurs comme il fallait », renchérit Mathieu Blin. Pour le résultat, on ne se prononcera pas, mais cette fois, le cœur semble y être.

Dimitri Laleuf

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