Accessibilité // La loi qui met en péril un tiers des hôteliers du département


Une trentaine de propriétaires d’établissements recevant du public (ERP) de l’Agenais avaient répondu à l’invitation du syndicat de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) pour une réunion d’information sur les normes d’accessibilité. C’est la quatrième du genre, après les arrondissements de Nérac, Villeneuve et Marmande, et selon Jean-Louis Campergue, le référent de la direction des territoires, ce n’est pas du superflu : « Le constat fait par le Gouvernement est que l’accessibilité ne sera pas atteinte en 2015 ».
Le 1er janvier prochain était pourtant la date butoir imposée par voie législative aux établissements du pays. Le Lot-et-Garonne n’est pas plus mauvais élève que les autres mais les professionnels se heurtent aux mêmes problèmes que leurs confrères : des coûts élevés qui mettraient en péril la survie de leur activité.

Les hôteliers les plus touchés

Et c’est dans une catégorie bien précise que la note est plus que salée. « Environ un tiers des hôteliers du département ferment ou vont fermer », constate le président de l’UMIH 47, Patrice Ross, les banquiers ne prêtent pas d’argent pour effectuer les travaux de mise aux normes, ce n’est pas un investissement qui ramènerait du chiffre d’affaires, ce sont juste des coûts. » Par ailleurs, la taille modeste de ces adresses et leur courte durée de vie compliquent encore un peu plus la bonne tenue de ces travaux. Le président d’ajouter. « Il y a déjà la mise en place de la sécurité incendie, si on ajoute les normes d’accessibilité, c’est gigantesque. »
Bars, discothèques et restaurants sont également impactés. Au total, ce sont près de 1 000 lieux dans tout le département qui devront se mettre en conformité avec la loi, sous peine de se voir notifier tout un éventail de sanctions, allant de l’amende à la redoutable fermeture administrative.

Des délais et des recours

Patrice Ross a donc convié ses 400 membres à découvrir les solutions pour éviter toute hécatombe. La première d’entre elles consiste à demander auprès des services de la préfecture, comme par exemple la commission consultative de de sécurité et d’accessibilité, une dérogation.
Mais attention, ce n’est pas non plus un passe-droit prévient Jean-Louis Campergue. Cette démarche permet aux propriétaires de gagner du temps, certes, mais il faut donner une contrepartie. A savoir une feuille de route, un calendrier sur lequel les professionnels s’engagent à réaliser les travaux échelonnés dans le temps. Enfin, il est à noter qu’une disposition spéciale a été retenue pour dispenser de trop lourds travaux si jamais le coûts de ces derniers mettent en péril la survie du lieu.

Gauvain Peleau-Barreyre

Ce que dit la loi 

Le 26 février 2014, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a conclu la concertation sur les nouvelles modalités de mise en œuvre du volet accessibilité de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi prévoit la mise en accessibilité pour les personnes handicapées, au 1er janvier 2015, des transports collectifs et des établissements recevant du public, publics ou privés.
Face au retard accumulé et au constat partagé que l’échéance du 1er janvier 2015 devenait un objectif irréaliste, le Premier ministre a confirmé la mise en place d’Agendas d’Accessibilité Programmée (Ad’AP) qui permettront aux acteurs publics et privés, qui ne seraient pas en conformité avec les règles d’accessibilité au 1er janvier 2015, de s’engager sur un calendrier précis et resserré de travaux d’accessibilité.

 

 

 

 

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