Agriculture // Les cèdres, racines de la nouvelle colère paysanne


La terre lot-et-garonnaise est décidément bien fertile. Sauf que les fruits récoltés ces derniers jours sont plus des grenades prêtes à exploser que d’inoffensives tomates, même si ces dernières peuvent aussi être jetées à la tête de celui qui se mettra en travers du chemin des agriculteurs.
Car ces derniers n’ont pas désarmé. Après avoir fait des étincelles un lundi de colère à Agen, ils sont revenus dans cette même ville, mercredi, sur les lieux de leur brûlants exploits. Plus calmes, sans tracteur ni paille, mais avec la même flamme. Sauf que cette fois, la directive nitrate n’était plus au centre de la revendication. Non, Serge Bousquet-Cassagne, le bouillant président de la Chambre d’agriculture, avait réuni une centaine des siens en soutien aux sept agriculteurs interpellés la veille après l’épisode livradais de l’abattage des cèdres.

« Raflés en pleine nuit » 

« Raflés en pleine nuit », ira même jusqu’à dire le chef. Qui précise que c’est toute une partie de ses « lieutenants », parmi lesquels on retrouve l’état-major de la Coordination rurale 47, qui a été arrêtée ce mardi après les heurts avec les forces de l’ordre qui ont précédé au tronçonnage. Des blessés dans le camp des gendarmes et des manifestants ont alors précipité les choses, notamment au niveau judiciaire, puisque les plaintes des deux camps se sont répondues.
Sur le plan humain, l’exaspération des paysans a atteint une limite. Une de plus, diront certains. Alors quand un jeune agriculteur devait se constituer prisonnier, faute d’avoir été appréhendé le matin même, c’est en rang serré que la centaine de manifestants s’est rendue à Villeneuve-sur-Lot et à Sainte-Livrade pour accompagner leur camarade.
En fait de se retrouver embastillé, il est ressorti libre.

Démission du préfet réclamée

Mais le combat n’est pas terminé. Alors que les sept autres attendaient de connaître leur sort hier matin en comparution immédiate, Serge Bousquet-Cassagne s’est mué en procureur. Ses cibles : les gendarmes, la police, l’administration et le préfet. Accusé d’« incompétence », Denis Conus est coupable selon l’ancien président de la CR47 d’avoir fait « dégénérer » la manifestation agenaise, d’avoir « gazé » des enfants. « Je demande sa mutation ou sa démission. J’écrierai une lettre au ministère de l’Intérieur en ma qualité de président de la Chambre d’agriculture », a-t-il promis.

Gauvain Peleau-Barreyre

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