Agriculture // La PAC, manne à deux visages


Le Conseil général a été le théâtre, vendredi dernier, d’un débat sur les grandes orientations de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) mise en place pour les cinq ans à venir. Ce qui intéressait les élus présents, comme le président de la Chambre d’agriculture, Serge Bousquet-Cassagne, était de savoir  quelles seraient les conséquences pour les agriculteurs du département. Et visiblement, les réponses apportées par le député européen Eric Andrieu, n’ont pas convaincu.
Encore fallait-il les comprendre, car de Raymond Girardi, vice-président en charge de l’Agriculture, à Alain Merly, leader de l’opposition, les élus semblaient perdus par des explications techniques, des méandres administratifs et des ornières technocratiques.
L’eurodéputé et les services de l’Etat défendaient la thèse d’une PAC « plus égalitaire, plus redistributive et tournée vers les jeunes » quand les élus n’hésitaient pas à parler d’une réforme « catastrophique » pour l’agriculture en Lot-et-Garonne.

Redistribution égalitaire

« C’est un peu complexe je vais essayer d’être clair, mais on peut dire que nous avons sauvé les meubles », a débuté Eric Andrieu. Les Droits à paiement unique seront globalement en baisse mais c’est pour mieux irriguer les exploitations selon leur taille. « Globalement la ferme du Lot-et-Garonne ne perdra pas, notent les rapporteurs de l’Etat, mais il y aura des hauts et des bas. » En clair, la PAC ponctionnera ces aides directes sur les grandes exploitations pour favoriser celles de taille plus modeste. Le montant global des aides versées en 2013 pour les fermes du Lot-et-Garonne était de plus de 109 millions d’euros. Il sera en baisse en 2015. En se penchant sur les lignes budgétaires, il apparaît que certains secteurs verront une hausse des subventions (protéagineux, pruneaux, élevage-lait).

200 éleveurs pénalisés

« Je note que vous savez parfaitement chiffrer les gains mais pas les pertes ! » Le président de la Chambre d’agriculture évoque même une diminution des aides de 8 à 20 millions d’euros, chiffre qu’il aurait entendu, « en off », de la part de la DDT. Serge Bousquet-Cassagne en remet une couche sur la Prime au maintien des troupeaux de vaches allaitantes (PMTVA) qui ne sera plus versée aux cheptels de moins de dix bêtes. « Je leur dis quoi, moi, aux 200 éleveurs qui ont moins de dix vaches ? Avant ils touchaient 3 000 euros et maintenant plus rien ? » Et d’évoquer le spectre de la disparition de tout un pan de l’agriculture traditionnelle lot-et-garonnaise. Pierre Camani, président du Conseil général et sénateur, a bien évoqué une action de ses pairs au Palais Bourbon pour « contrebalancer cette mesure » avant de rappeler « qu’on ne peut pas résumer la nouvelle PAC à cette mesure ». Déjà qu’il était ardu de la résumer tout court… Même après trois heures de débats.

Gauvain Peleau-Barreyre

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