Après Cahuzac, le déluge….


Huiles végétales pures // Portes fermées au ministère

Alain Juste, le président de l’institut des Huiles végétales pures ne s’en est jamais caché. Sans Jérôme Cahuzac, lui et son équipe n’auraient jamais obtenu la reconnaissance des pouvoirs publics qu’ils ont acquise aujourd’hui. On est en 2005 quand, en tant que maire de la ville, il lance l’expérimentation de l’huile végétale comme carburant des camions benne de la ville… Quitte à se mettre hors la loi vis à vis de la législation française de l’époque. Une affaire qui lui donne alors un éclairage médiatique avant de se lancer dans la campagne des législatives contre le juge Bruguière. Et une fois élu, il va continuer à promouvoir le carburant villeneuvois auprès des instances gouvernementales après avoir obtenu la légalisation de leur utilisation dans les véhicules de collectivités territoriales. Mais aujourd’hui que l’ancien maire, député et ministre est mis au banc des accusés, les HVP connaissent des difficultés financières, notamment dues à des demandes d’autorisation d’expérimentation qui n’aboutissent plus dans les ministères. A tel point que les salariés de l’institut sont actuellement en chômage partiel. La structure a failli fermer boutique sans un sursis de la banque. Ils ont désormais une année de répit pour parvenir à faire revenir leurs dossiers en haut de la pile du ministère de l’environnement et ce, sans l’appui de leur ancien soutien de poids.

Villeneuve XIII // Au bord de la liquidation

Le club de rugby ancestral de Villeneuve-sur-Lot a connu des tempêtes financières successives. Mais le paquebot de l’Ovalie à XIII avait jusqu’ici toujours pu compter sur les subsides du parlementaire Jérôme Cahuzac pour sortir le bec de l’eau. En 2010, 2011 et 2012, Villeneuve XIII avait en effet profité de 40 000 euros en moyenne de subventions exceptionnelles tirées de la réserve parlementaire du député et ministre. Fin 2014, Villeneuve XIII se retrouve en redressement judiciaire et échappe de peu à la liquidation. Il fait même appel au crowfunding pour renflouer quelque peu les caisses. C’en est donc fini d’un recrutement allant piocher dans les vestiaires internationaux. La nouvelle équipe dirigeante table sur le talent des locaux et du centre de formation pour retrouver le haut du tableau. A 80 ans, Villeneuve XIII est en mode de survie avec une dette de plus de 100 000 euros à rembourser sur dix ans.

La Maison des femmes // Manque à gagner 9 000 euros

La Maison des femmes de Villeneuve-sur-Lot, structure d’accueil et d’accompagnement des femmes battues dans le département, a eu, elle aussi du mal à boucler son budget 2013, car elle a soudain dû se priver de 10% de son budget annuel. Jusqu’à cette date, Jérôme Cahuzac leur versait 10 000 euros de sa réserve parlementaire, en plus de la subvention octroyée par la municipalité. Une somme brusquement descendue à 1000 euros lorque Jean-Louis Costes prenait le siège de député.

Le Pôle santé // Quand le porteur de projet tombe…

C’est une première en France… Réunir sous le même toit hôpital public et clinique privée. Un projet d’envergure mené à bout par un maire, médecin, et nouvellement élu. Un chantier de 100 millions d’euros approuvé en 2002 par le Ministère de la santé. Un chantier qui a donné des sueurs froides à l’automne 2013 aux élus de l’agglomération, six mois à peine après la chute politique de Jérôme Cahuzac. A cette date, l’Agence régionale de la santé (ARS) refuse subitement de verser les 12 millions d’euros nécessaire à l’achèvement des travaux alors que le bâtiment est sorti de terre. Raison invoquée ? Des doutes concernant la validité du projet hospitalier au niveau de son équilibre budgétaire. Or, le déficit de l’hôpital villeneuvois n’est pas un fait nouveau. Les mauvaises langues ont alors sussuré que l’ARS profitait de la situation pour mettre en péril un projet passé aux forceps par un élu politique haut placé, désormais déchu… Département et élus villeneuvois se sont alors retroussé les manches pour que le Pôle santé ne soit pas une coquille vide plantée route de Fumel. En décembre 2015, le déménagement pouvait avoir lieu…

Villeneuve-Pet-Food // Au coeur d’une bataille politique ?

L’histoire est digne d’un roman politico financier… En 2012, Villeneuve Pet Food, usine fabriquant de la croquette pour chiens, accuse la crise céréalière. L’entreprise décide alors de chercher alliance avec sa consoeur de Boulogne-sur-Mer, Continental Nutrition, sans savoir que cette dernière était fortement endettée. En 2013, l’usine du nord est en redressement judiciaire. L’accord signé, VPF se retrouve alors dans le même sac que Continentale Nutrition. Sa présidente d’alors décide de passer devant le tribunal de commerce d’Agen pour parvenir à sauver son entreprise. Mais, la décision va tarder à tomber, durant plus d’un an. Car VPF est devenu l’enjeu d’un plan de reprise du groupe Continentale Nutrition. Un plan mis en oeuvre par Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, et qui concerne l’une des usines les plus importantes de Boulogne, ville de Frédéric Cuvillier, alors ministre des transports. Un plan mis en branle en début d’année 2014, alors que Jérôme Cahuzac n’est plus présent dans les murs de Bercy…

Annabel Perrin

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