Après la ZAD, place au TAG


Cela n’aura pas traîné. A peine évacuées, les sept maisons et la grange ont été démolies manu militari. Une célérité qui aura présidé l’intervention des forces de l’ordre, quelque 500 gendarmes, aux premières heures de ce 31 mai. En « trente minutes » l’affaire était pliée, à en croire le colonel Touak. Cueillis dès le réveil, l’opposition était encore dans les bras de Morphée, même si Mars n’était pas loin, les « armes par destination » retrouvées en témoignent. Mais c’est finalement une évacuation « sans difficulté ni incident », comme l’a qualifiée le préfet Patricia Willaert, qui a mis fin aux squats d’une vingtaine de zadistes sur les maisons, propriétés de l’Agglo, et aujourd’hui rasées pour laisser place à la technopole. « C’est une grande satisfaction », a déclaré le maire de Sainte-Colombe, Hubert Duffour, qui craignait de ne plus pouvoir contenir l’animosité de ses administrés envers leurs nouveaux voisins. Le président de l’Agglo Jean Dionis s’est félicité « du retour de l’état de Droit à Sainte- Colombe » et surtout que « les travaux vont pouvoir se poursuivre dans un climat apaisé et dans les meilleures conditions de sécurité ». Traduction : « On va pas sabrer le champagne mais mettre les bouchées doubles ».

Retard et surcoût

Si les zadistes n’ont pas réussi pour l’instant à stopper le technopole Agen-Garonne (TAG), ils ont freiné son avancée. Du côté de l’Agglo, on grince des dents sur le surcoût et les retards accumulés. Question portefeuille, une journée de chantier arrêté aurait été chiffrée à 4 500 euros. Sachant qu’il y en a eu plusieurs… Sans compter les entreprises de sécurité engagées pour veiller sur les travaux. Une goutte d’eau sur les 65 millions d’euros qui devraient être investis sur 20 ans mais qui, en ces temps de vaches maigres, représente un caillou plaqué or dans la chaussure des administrés et contribuables.
En ce qui concerne le retard des travaux, il est minime assure-t-on à la collectivité… La livraison de la première tranche de 48 hectares prévue pour 2017 l’est maintenant pour 2018. A cette date, tout sera fini, notamment la voirie reliant les routes nationales et traversant le TAG. De quoi rassurer les entreprises candidates à l’installation qui seront encouragées à déposer leur permis de construire dès 2017 sur leur parcelle et voir leurs bâtiment sortir de terre en même temps que la fin des travaux. Dans l’immédiat, le chantier va tourner à plein régime. Les réseaux sont amenés depuis hier, le bétonnage suivra et permettra une viabilisation des parcelles. En parallèle, les fouilles archéologiques préventives seront menées.
Un calendrier qui reste toujours conjugué au conditionnel, les officiels sachant que les zadistes sont toujours présents, non loin de cette première tranche, au lieu-dit Métalé.

Gauvain Peleau-Barreyre

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