Association // Librairie en mission


Elle est la ville la plus ancienne du monde, berceau du papyrus. Byblos est aussi, depuis sept ans, une librairie d’occasion villeneuvoise. Un lieu qui reste un rendez-vous prisé des amateurs de vieux bouquins. Au coin de la rue des Cieutats, sa vitrine verte attire l’oeil. Quand on en franchit la porte, on est loin des ambiances lookées des librairies actuelles, pour se rapprocher de celle d’une bibliothèque à l’ancienne : « Cela sent la poussière et le papier humide » prévient Pierre Dalon, l’un des piliers de Byblos. « Il faut dire qu’ici, on récupère des dizaines de tonnes de livres par mois ».
A l’arrière, les cartons s’amoncellent non loin de l’espace bar de l’association : « Et encore, je ne vous ai pas amené dans la remise attenante, pleine comme un oeuf… » ajoute-t-il.

En mission humanitaire

Surtout, la librairie n’est que la partie visible d’un iceberg humanitaire. Elle est née avec l’association Byblos dont l’objectif est de porter des livres dans les établissements scolaires du Maghreb : « Pour cela, nous récupérons des dons d’ouvrages que nous trions. Nous les expédions ensuite par camion. La langue française reste une langue officielle là-bas. Or, dans certaines écoles en pleine campagne, ils n’ont pas accès à la littérature française » explique Pierre Dalon. « La boutique nous sert à être autonomes. Chaque transport vers le Maroc coûte près de 4 000 euros à l’association ».
Les livres proviennent de particuliers, mais pas seulement : « Des bibliothèques nous en envoient également. Nous sommes même parfois débordés. Les donateurs sont pour la plupart des Villeneuvois ».
Ils sont une quarantaine de bénévoles à se charger ensuite du tri : « Car nous ne pouvons pas envoyer certains ouvrages là-bas. Tout ce qui concerne l’histoire française ne les intéresse pas vraiment. La littérature érotique est également proscrite ». Ainsi, les livres qui garnissent les rayonnages de Byblos sont ceux qui ne partent pas au Maroc.

Vaste choix

Entre romans, policiers ou livres de collection, le choix est vaste et le chineur y trouve bien souvent son bonheur : « Les étagères sont faites maison et nous ne sommes pas de grands bricoleurs » précise Pierre Dalon. Qu’importe… On se plaît à flâner dans les allées étroites de la boutique et trouver la perle rare : « Ici, les livres se vendent entre 20 centimes et 7 euros ». Pas de quoi donc s’en priver, puisque c’est pour la bonne cause…

Annabel Perrin

Librairie Byblos, 36 rue des Cieutats

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