Au nom de l’honneur d’un club


L’Hebdo : Comment avez-vous vécu les attaques à votre encontre lors de l’assemblée générale ?
Alain Bonpays : Mal, je suis bénévole au club depuis environ trente-cinq ans. J’ai occupé à peu près tous les postes de dirigeants de cette association, en dehors de président ou vice-président, ceci pour signifier que je n’ai jamais brigué un quelconque pouvoir. Je me suis toujours appliqué à servir cette association du mieux que je pouvais. J’ai tour à tour été joueur, éducateur, délégué de match, arbitre, porteur d’eau cela pour le domaine sportif, puis secrétaire, trésorier, membre du marketing, président par intérim, mais aussi membre du foyer, chauffeur de bus, peintre, électricien, constructeur de bureau et de bodega, poseur de banderoles et de sièges dans les tribunes etc …Le « bénévole » c’est cela. Une passion, le besoin de rendre service à son association, rarement récompensé, si ce n’est parfois par un simple merci, un simple bonjour, un simple sourire, un bon résultat, mais cela suffit à vous faire gonfler le cœur. Alors aujourd’hui ce « bénévole » ne veut plus se taire. L’ensemble des dirigeants a choisi depuis quatre ans, un devoir de réserve exemplaire. Je pense aux médias, à la radio, aux réseaux sociaux, aux rumeurs colportées régulièrement, pour déstabiliser, salir cette association. Petit à petit, le ver a rongé le fruit et cette année, il a  particulièrement réussi. La discorde a été semée. Chez les équipes séniors, chez les dirigeants, chez les bénévoles, chez les parents et jusqu’aux enfants eux-mêmes.

Apprendre le respect
L’Hebdo : Plus que les attaques personnelles, on sent que c’est la déstabilisation d’un club qui vous est cher qui vous fait le plus de peine ?
A.B : J’ai entendu lors de l’assemblée : « Le président a déshonoré le club! ». Les gens ont-ils mesuré leurs propos ? Ne croyez-vous pas non plus que le gamin, auteur de la banderole, ne se soit pas rendu compte de l’absurdité de son action ? Condamné par tous, la conscience d’avoir mal agi, n’est-elle pas la plus sûre des punitions ? Croyez-moi, il ne recommencera plus jamais ! Le SUA n’est pas un tribunal d’exemption, il n’est pas là pour juger des individus mais pour apprendre le respect des règles, des gens et de l’institution.

L’Hebdo : La liste battue a mis en doute la légalité du scrutin lors de l’assemblée ?
A.B : J’affirme en tant que président de séance et président d’honneur du club, que sa préparation, son déroulement, ont été réalisés dans le respect des lois des associations et des statuts de cette même association. Je déplore le débat houleux qui a suivi les présentations des projets. Je vous affirme qu’une telle présentation qui aura forcément lieu un jour, nos membres actifs n’étant pas inusables, ne se déroulera pas au cours d’une assemblée générale du club, mais bien avant, lors d’une assemblée générale extraordinaire, après une validation et acceptation du projet par le conseil d’administration, organe souverain, au même titre que l’assemblée générale du club. La procédure de vote, son déroulement, les signatures des votants avec la vérification de leurs pouvoirs, le dépouillement face au public avec trois scrutateurs et la surveillance attentive du représentant du district et de la mairie, ont été scrupuleusement respectés. Elle ne souffre d’aucunes contestations possibles. Les résultats sont clairs : 166 votants sur 197 inscrits, 30 abstentions, 1 bulletin nul et 138 voix pour le président sortant, 27 voix pour son challenger. L’analyse froide de ce résultat prouve que même si les trente abstentionnistes sont rajoutés arbitrairement à l’équipe du challenger, les résultats auraient été de 138 voix à 57.

L’Hebdo : Sur quoi s’appuient donc vos détracteurs ?
A.B :On nous reproche d’avoir fait voter les deux cent-vingt personnes qui ont un enfant mineur dans le club. La licence d’un mineur n’est délivrée que sur autorisation parentale. Ce représentant légal du mineur, qui lui n’a pas le droit de vote avant 16 ans devient de fait membre actif et électeur du club. On nous reproche également la présence d’un employé au conseil d’administration. Le législateur, sans interdiction précise des statuts, autorise cette présence sans restriction. Pour eux, l’association n’est qu’un ramassis de personnes stupides qui ne sont pas capables de voir les problèmes rencontrés ces deux dernières saisons tout autant que les lois qui régissent les associations.

L’Hebdo : Le tableau est-il si noir ?
A.B :Non heureusement, je terminerais en remerciant les joueurs de l’équipe première que j’ai eu la chance de côtoyer ces six derniers mois ; ces petits jeunes qui ont souffert souvent mais ont su se hisser au niveau de la DH en une seule saison. Merci aux anciens, sans eux nous n’aurions pas atteint nos objectifs sportifs. Merci aux éducateurs qui ont su les amener à ce niveau. Merci à l’équipe réserve et à ses éducateurs qui ont enfin atteint le niveau supérieur tant espéré. Merci aux bénévoles, aux éducateurs, aux joueurs, aux arbitres et surtout aux parents qui nous ont fait confiance. Personnellement, j’ai espoir dans l’avenir. Le passé si glorieux soit-il, ne peut servir que de marche pied. L’avenir c’est vous qui le ferez : parents, enfants, joueurs, éducateurs, dirigeants, arbitres, sponsors, institutionnels. Le SUA ne va pas imploser ou disparaître dans un trou noir de la galaxie, il va vivre. Et si vous regardez au-dessus de votre épaule, vous verrez qu’il ne va pas aussi mal qu’on veut bien le dire. Les résultats fantastiques de cette saison en sont les preuves flagrantes. N’oublions jamais que l’association n’est là que pour promouvoir la pratique du football et que le football est un jeu, pas une guerre de succession. Un dernier point « la bonne ambiance » cela ne se décrète pas et ne figure pas dans les statuts. Cela provient de l’effort de tous, aussi, je vous invite à la rendre meilleure la saison prochaine.

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