Audrey Toussaint, une ferronnière tout feu tout femme


Audrey Toussaint au travail dans son atelier. Elle réalise les commandes de ses clients, avec une touche de féminité en plus.

Artisanat//

Audrey Toussaint est une trentenaire qui cache bien son jeu. Mais ça, c’est quand elle est dans son atelier. Parce qu’une fois sortie de son antre, l’Agenaise expose son art au vu et au su de tous. Audrey est ferronnière d’art, une des seules représentantes de ce métier dans le département. Il y a bien deux autres artisans, des hommes, mais qui sont loin d’avoir le parcours de la jeune fille.

Reconversion réfléchie
A l’orée de ses trente ans, un tournant, Audrey subit  un licenciement économique. La préparatrice en pharmacie trouve le remède à sa mésaventure en puisant dans ses talents particuliers. « J’ai toujours été très bricoleuse, explique-t-elle, et puis un jour un ami, Didier, m’a montré l’une de ses créations, une table en fer. J’ai été subjuguée, ça a été une révélation. »
Sa petite famille n’est donc pas étonnée de voir leur maman et femme prendre une direction peu commune. Cela sera d’abord celle du Centre de formation des apprentis des bâtiments et travaux publics, à Agen. Les élèves, plutôt des hommes, voient arriver une consœur, qui ne tarde pas à se fondre dans le décor. Même si tout n’a pas été rose, du moins au début. « J’étais persuadée qu’ils pensaient voir arriver un boulet, surtout que la première fois je n’ai pas su faire marcher la machine à découper… » Mais Audrey a plus d’un tour dans son sac à main. Notamment une persévérance et un sens artistique essentiels dans ce métier. Ses professeurs se montrent exigeants, Audrey fait montre de son savoir-faire. « Je bossais comme une malade, je montrais que j’en voulais. » Très vite elle est une élève à part entière et même mieux. Quand elle doit passer son diplôme, c’est auprès des redoutables Compagnons du devoir qu’elle prépare son chef-d’oeuvre. Tout se joue au millimètre près. Et c’est haut la main qu’Audrey bluffera le jury. Tout est désormais prêt pour se lancer dans le grand bain professionnel.

De l’art au service de tous
Elle est à la tête depuis le début de l’année de l’Atelier de Carda, à Agen. Un espace où elle découpe, soude, martèle, façonne et expose ses réalisations. Une fois le tablier de ferronnière enfilé, Audrey rentre dans son personnage. Les lourds matériaux qu’elle travaille ne lui résistent pas, ils fondent sous ses coups assurés et prennent les formes les plus diverses. « J’ai déjà réalisé les lits pour mes enfants, je vais faire après une verrière. Je travaille toutes les commandes de particuliers que ce soit des tables, des portillons, du mobilier… » Et des oeuvres d’art. Qui s’arrachent comme des petits pains.
Pas étonnant que le carnet de commandes de la dame de fer aux mains de velours s’étoffe petit à petit.

Gauvain Peleau-Barreyre

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