Blocages et heurts à l’Enap


Une allocution improvisée sur le terrain de rugby de l’école aura fait office de cérémonie de fin de cycle. Mardi, le rendez-vous final pour la 188e promotion de l’École nationale de l’administration pénitentiaire (Enap) n’a pas pu se dérouler normalement « pour des raisons indépendantes de notre volonté » a expliqué dans son discours le maître de cérémonie. Tant pis pour les familles venues de toute la France assister à la fin de formation de leur rejeton qui ont dû se contenter d’une photo souvenir improvisée et les yeux rougis…

Lacrymo
Certains avaient la larme à l’oeil, sûrement un mélange d’émotions et de lacrymo. Car depuis la matinée, la tension qui régnait autour et au sein de l’établissement qui forme les surveillants pénitentiaires n’est jamais retombée, entre séquestration, affrontements avec les forces de l’ordre et dispersion à coup de gaz lacrymogène.
L’état-major des syndicalistes du métier, FO, UNSA-UFAP et CGT, avait fait le déplacement à Agen pour « faire exploser (notre) colère ». A l’image de James Vergnaud, secrétaire général adjoint de FO, en poste à Moulins, qui filtrait les entrées à l’Enap. Il liste les griefs de ses confrères : bas salaires, sous-effectifs et affectations de nouvelles missions. Une entrevue avec le Président de la République avait pourtant fait retomber la pression avec une « compréhension de nos problèmes », précise le syndicaliste. Mais le second rendez-vous, quelques jours plus tard à la Chancellerie, met le feu aux poudres. « Ils sont revenus sur toutes les promesses, on nous a pris pour des cons (sic), donc on va leur montrer qu’on ne plaisante pas avec ça. »

Séquestré
C’est donc une centaine de manifestants qui a répondu à l’appel de l’intersyndicale pour perturber la remise des diplômes à leurs futurs collègues. Le directeur adjoint de l’administration pénitentiaire aura donné de sa personne en étant « enfermé mais pas séquestré » dans ses locaux. Les agents en grève se sont ensuite rendus devant le gymnase pour bloquer physiquement l’accès aux 706 élèves. Les forces de l’ordre, casquées et harnachées, ont alors usé de la force pour faire reculer les manifestants. Ces derniers, plus nombreux, ont résisté et fait face obligeant l’organisation à trouver un lieu de repli. « Bien sûr que je comprends ce mouvement, explique Vincent, 28 ans, qui finissait sa formation hier. Ils nous protègent, on a 30 ans de carrière à faire, autant que ce soit dans les meilleures conditions. » D’autres impétrants, plus remontés, voulaient en découdre avec les manifestants. « On ne veut pas de violences aujourd’hui, a rétorqué le responsable national de l’UFAP, Jean-François Forget, ils en auront assez quand ils seront en service. Avec 4 500 agressions et dix-huit prises d’otage par an, je leur souhaite de ne jamais connaître ces faits. Mais ils vont en chier. » Le mouvement se poursuivra le 16 novembre prochain où un blocage des prisons et des tribunaux est prévu.

Gauvain Peleau-Barreyre

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