Bulles de prestige dans le Fumélois


Niché du côté de Gavaudun, Jacky Moussy a importé le champagne dans le Fumélois. Une activité peu fréquente dans le département… C’est d’ailleurs un peu par hasard que les champagnes Moussy ont désormais une adresse lot-et-garonnaise. Car si Jacky a choisi de venir se poser dans le Sud-Ouest, il n’a cependant pas lâché ses racines familiales. Disons-le de suite, le vignoble Moussy est planté, lui, au coeur du Champenois, du côté de la Marne, à l’image de ses prestigieux confrères : « Mon père a planté la vigne dans les années 50, une époque où beaucoup de viticulteurs développaient le champagne à la bouteille et non plus seulement en négoce » explique Jacky. Le domaine se développe alors sur 2,5 hectares. Jacky les arpente de long en large durant toute son enfance, sans pour autant avoir le désir profond de prendre la suite : « La question ne se posait même pas… C’était « tu seras vigneron mon fils »… » Mais Jacky ne l’entend pas de cette oreille et s’il se lance dans l’agriculture, il a la volonté de s’échapper du giron familial et de se lancer plutôt dans la culture maraîchère : «  A l’époque, l’Eldorado, c’était le Lot-et-Garonne. J’ai donc débarqué ici avec un hectare… Mais j’ai reçu de précieux conseils qui m’ont persuadé de ne pas lâcher tout à fait le champagne. »
Durant trente ans, Jacky va donc faire les allers-retours entre Fumel et la Marne, s’occupant de ses vignes pour commercialiser en Gascogne le fruit de son travail : «  Aujourd’hui, l’essentiel de ma clientèle est ici. Peu à peu, j’ai diminué la part de négoce pour faire de la vente directe ». Jacky développe dans le même temps la gamme de ses champagnes : « Désormais, ce sont cinq cuvées différentes, allant du demi-sec à la cuvée de prestige, en passant par le tradition, le rosé et la vieille réserve de huit ans d’âge ».
Il y a peu, Jacky Moussy envisageait de prendre sa retraite sans successeur. Il a alors vécu sur ses acquis sans chercher une nouvelle clientèle. Mais la donne a changé quand son fils a choisi finalement de reprendre le flambeau : « Lui non plus n’avait pas la vocation. Mais quand mon salarié s’est cassé la clavicule, il m’a accompagné pour tenir l’exploitation. C’est à ce moment-là qu’il s’est décidé ».
Les champagnes Moussy relancent donc la machine : « On continue donc à développer la gamme et on est en train d’élaborer du blanc de blanc ou du blanc de noir… Des cuvées qui ne seront en bouteilles que dans trois ou quatre ans. On lorgne également vers le bio à plus long terme. Des projets qui sont dus à l’arrivée de sang neuf dans la maison ».

Annabel Perrin

Week-end dégustation les samedi 19 et dimanche 20 décembre de 10 heures à 19 heures – lieu-dit Lagasse à Gavaudun – Tarifs de 14 à 17 euros la bouteille –
Infos au 06 88 60 45 76

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