La CAGV va expérimenter les transports gratuits


C’est ce qui s’appelle un revirement. Après s’être opposé à la gratuité des transports public au moment de l’instauration du réseau Elios en 2013, Patrick Cassany est aujourd’hui son plus fervent défenseur. « Je n’y étais pas favorable car selon moi, tout service a un coût », se justifie le président de la Communauté d’agglomération du Grand Villeneuvois. Mais le recul des quatre années d’exploitation a fait son œuvre en révélant quelques chiffres intéressants. Seuls 5% des recettes du réseau sont issus de la vente de tickets. Tout le reste provient du Versement transport, une contribution prélevée du côté des entreprises et administrations de plus de onze salariés.

Les élus de l’Agglo se sont donc prononcés vendredi 15 décembre dernier en faveur d’une expérimentation de la gratuité. A partir du samedi 7 avril – coup d’envoi des vacances de printemps – et pendant huit mois, les voyageurs n’auront plus à s’acquitter d’un titre de transport pour se déplacer.

+30% de fréquentation

« Une vingtaine de collectivités l’ont déjà fait et ont constaté une augmentation immédiate de la fréquentation d’environ 30%. Cela rend l’accès au bus moins contraignant », souligne Patrick Cassany. La vice-présidente déléguée au Transport, Karine Lafinestre, d’ajouter : « Cette démarche va dans le sens de notre politique. On milite pour le développement des modes de transport collectifs au détriment de la voiture individuelle ». Gratuit, le bus aura plus de chances de s’ancrer dans les habitudes villeneuvoises.

Selon un adage populaire, ce qui est gratuit est cher. Les élus de la CAGV sont cependant convaincus que ce nouveau fonctionnement pourra permettre de réaliser des économies sur un budget transport déjà « à l’équilibre ». « Tout d’abord, nous n’augmenterons pas la fiscalité, prévient Patrick Cassany. Nous pourrons réduire le coût du service en restructurant le réseau. » Avec un premier exemple concret. La navette gratuite serait intégrée au parcours de sa grande sœur la ligne 1 (Capel-Pôle de santé) avec une fréquence de passage accrue. « On éviterait ainsi un doublon inutile. Une navette coûte 90 000 euros l’année, tandis que la billetterie globale ne rapporte que 85 000 euros », détaille Karine Lafinestre. D’autres ajustements viendraient en complément, en particulier sur la desserte des bassins d’emplois et les horaires de travail pour pousser les actifs à utiliser le service. Concernant d’éventuelles dégradations des bus liées à la gratuité, les expériences menées ailleurs poussent à l’optimisme. « Avec la gratuité, les bus sont plus remplis avec une mixité plus importante et s’établit alors une forme de contrôle social empêchant ou limitant le vandalisme », précise celle qui est aussi maire de Saint-Etienne-de-Fougères.

Anticiper la future DSP

La réflexion pour un nouveau fonctionnement était une nécessité quoi qu’il en soit. « Le nombre de voyages a fortement augmenté depuis 2014 mais les recettes ne suivent pas. Il y a également la Délégation de service public (DSP) qui arrive à échéance fin 2019. Elle ne pourrait être reconduite en l’état. Si l’expérimentation de la gratuité est satisfaisante, elle pourra être intégrée à la future DSP avec une rémunération du délégataire basée sur la fréquentation », indique Patrick Cassany. 

Pour rappel, les transports urbains sont une compétence obligatoire pour les agglomérations. « Pleins ou vides, les bus circulent et sont financés. Autant qu’ils soient utilisés librement par le plus grand nombre », précise-t-on à la CAGV.

Dimitri Laleuf


Brèves de conseils //

  • Crématorium :

Après avoir évoqué l’idée lors du conseil précédent, les élus de la CAGV ont transféré la compétence communale de « création/gestion d’un crématorium et d’un site cinéraire » à l’Agglomération afin que celle-ci puisse lancer la procédure d’appel d’offres au nom du territoire. Cette pratique funéraire a été choisie pour 36% des décès en France en 2016 et les prévisions montent à 51% d’ici 12 ans. « Or, il faut aujourd’hui se diriger vers Lafox ou Tonneins, déjà saturés », précise Patrick Cassany. Ce projet évalué à 2 millions d’euros ne serait pas financé par la CAGV (« hormis peut-être l’achat d’un terrain ») mais par une entreprise privée sous forme de DSP.

  • Régime d’aide aux agriculteurs :

Dans le Grand Villeneuvois, les nouvelles installations ou reprises d’exploitations agricoles sont portées par des jeunes (42% ont moins de 30 ans). Un dispositif d’aide à l’installation a été créé en 2001 et abondé en 2011. 65 agriculteurs en ont bénéficié. L’Agglo souhaite modifier selon les modalités suivantes : 

– 4 500 euros d’aide forfaitaire en agriculture conventionnelle

– 6 000 euros en agriculture biologique pour encourager cette filière.

  • Solidarité avec le CD47 :

Le Conseil départemental connaissant de grosses difficultés financières, la CAGV a adopté une motion de solidarité « pour alerter l’Etat sur la situation des petits départements étranglés, avec un effet domino sur les projets (inter)communaux ».    

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