« Casser l’image élitiste du théâtre »


Karine Gunzburger prend ses  marques dans son nouveau rôle de directrice du théâtre municipal Ducourneau. A peine arrivée cet été, l’Alsacienne travaille déjà sur de nombreux projets, du conventionnement à la saison 2015-2016. Avec comme mot d’ordre, ouvrir le lieu à toutes les formes d’expressions et à tous les publics.

L’Hebdo : Pour votre recrutement, vous avez été préférée à trois hommes du cru, qu’est-ce qui a fait la différence ?
Karine Gunzburger : Il faudrait demander à la mairie mais je pense que mon poste précédent comme responsable de la communication de scène nationale de la Filature à Mulhouse, où je gérais une quarantaine de personnes, de la relation publique à la billetterie, a plu. Je connais le fonctionnement d’une entreprise culturelle.

L’Hebdo : Votre profil de gestionnaire, issue d’une école supérieure de commerce, peut surprendre dans un milieu culturel ?
K. G. : Je n’ai jamais eu de retours négatifs de ce milieu-là. C’était plus lors de mes études que, tous ceux qui voulaient manager de grandes entreprises, me regardaient de haut. Et puis j’ai toujours voulu travailler dans l’art. J’ai même pratiqué la harpe au Conservatoire…

La marque Gunzburger

L’Hebdo : Quelles ont été vos premières tâches à la tête du théâtre ?
K. G. : Je me suis imprégnée du tissu artistique local, de la vie culturelle du département. Il y a également le partenariat avec l’Opéra de Bordeaux qui est très important. Mais je veux vraiment casser l’image élitiste du théâtre.

L’Hebdo : Qu’en est-il du conventionnement de la scène qui doit être renouvelé suite au départ de votre prédécesseur ?
K. G. : Nous allons travailler sur le même conventionnement, théâtre et voix. La DRAC (Direction des affaires culturelles, NDLR) a eu très vite mon projet en main et nous travaillons en confiance.

L’Hebdo : Quelle sera votre apport pour la prochaine saison culturelle ?
K. G. : Je souhaite ouvrir cette maison à tous les publics à travers un projet pluridisciplinaires. Nous allons nous rapprocher des artistes locaux, mais également jouer dans les écoles, les entreprises. Je souhaite aussi qu’il y ait des productions communes, notamment avec le Florida. Je crois beaucoup au mélange des formes, croiser le théâtre, l’image et la musique.

Le théâtre hors les murs

L’Hebdo : Avez-vous déjà des idées précises de programmation ?
K. G. : Oui j’aime beaucoup les ciné-concerts de la Cordonnerie qui dépoussièrent les contes. Il y aussi Laurent Laffargue, qui est d’ici, et qui revisite les grands classiques. Je voudrais aussi créer un événement qui se passerait en plein air, faire une chorégraphie géante où tous les âges participeraient…

L’Hebdo : Comment capter le jeune public qui a tendance à déserter les lieux ?
K. G. : Je souhaite, par exemple, impliquer les lycéens ou les étudiants, autour d’un projet où ils sélectionneraient quatre groupes vocaux, selon des critères, un budget, qu’ils soient des programmateurs et ensuite que le public vote pour leur formation préférée.

L’Hebdo : Que pensez-vous des prochaines assises de la culture que la municipalité a lancé ?
K. G. : Les assises vont apporter une unité à la culture sur le territoire. Il est rare qu’une ville de la taille d’Agen lance un projet comme celui-là. C’est une chance pour le territoire et ses habitants d’avoir de tels outils culturels. La culture est une source de richesses.

Propos recueillis par Gauvain Peleau-Barreyre

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