Championne à six pattes


Cela pourrait prêter à sourire pour certains, mais cette année, la Nuit des sports a récompensé, parmi les clubs sportifs classiques, une association originale… d’agility. Fada’gility pratique ainsi une discipline quelque peu méprisée dans le milieu sportif, tout du moins en France. « Il n’en est pas de même dans les pays nordiques et anglo-saxons. C’est un sport à part entière et qui demande de l’entraînement » lance d’emblée Tiphaine Degaine, qui a remporté avec sa chienne Djanga de multiples compétitions à l’échelon national et s’apprête à aller concourir à l’Europe.
Tiphaine est une passionnée. Elle a découvert la discipline à onze ans, en se rendant avec sa mère sur une exposition canine : « J’ai de suite demandé à en faire. Et je me suis prise au jeu. A l’époque, j’avais une chienne qui n’écoutait rien mais le virus m’a piquée… Je l’ai d’ailleurs refilé à toute la famille » ajoute-elle en souriant. Avec sa mère, présidente de Fada’gility, elles font vivre cette discipline en Villeneuvois. Une pratique qui, contre toute attente, demande du temps et de la forme physique : « Il faut de la patience déjà. Deux années d’entraînement sont nécessaires pour qu’un chien soit compétitif » explique Tiphaine Degaine.

Sportif canin de haut niveau
Elle a ainsi débuté tôt l’apprentissage avec sa chienne Djanga, aujourd’hui championne régionale et pressentie pour partir en équipe de France. « Dès deux mois, on peut leur apprendre des choses. J’applique les méthodes d’Europe du Nord qui passent par la récompense. Je n’oblige jamais un chien à faire ce qu’il n’a pas envie de faire. Il sait juste que s’il ne le fait pas, il n’a pas mon attention. Et un chien demande essentiellement l’attention de son maître ».
Une fois que le chien est une graine de champion, le travail ne fait que commencer. Tout comme un sportif de haut niveau, le canidé a besoin de son entraînement quotidien pour pouvoir tenir la distance en compétition. Tiphaine Degaine prend alors la casquette d’entraîneur : « Trois à quatre fois par semaine, je chausse mes baskets pour aller faire courir Djanga deux heures durant. On commence par une marche rapide au harnais durant vingt minutes pour faire monter gentiment le rythme cardiaque. Ensuite, je la lâche. » A cela s’ajoute un entraînement sur le terrain au moins une fois par semaine : « Sans compter les petits exercices au quotidien… » ajoute-t-elle.
Tiphaine surveille également la nourriture et le poids de Djanga, ainsi que ses articulations : « Monter des obstacles ou passer sous des barrières à répétition peut abîmer le chien tout comme un humain qui fait une pratique sportive à  haut niveau. Deux fois par an, je l’amène chez l’ostéo ». Malgré toutes ces contraintes, le tandem Djanga-Tiphaine prend toujours du plaisir lors des concours : « Tout se fait dans la joie et la bonne humeur. C’est essentiel pour Djanga » souligne Thiphaine.

Annabel Perrin

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