Chauds comme la Breizh


Pour la première fois dans l’histoire de l’ovalie professionnelle, un club breton sera représenté. Le Top 14 est encore loin, mais l’exploit réalisé par le RC Vannes en accédant à la Pro D2 est tout sauf mince. Dans une région où le football est au moins aussi important que le kouign-amann chez mamie un dimanche midi, l’élégance des passes à la main trouve enfin ses lettres de noblesses. Et c’est un véritable vent de fraîcheur qui souffle sur le rugby français. Le manager du SUA LG, Mathieu Blin, ne boude d’ailleurs pas son plaisir d’aller ferrailler ce soir dans le Golfe du Morbihan : « C’est très enthousiasmant pour nous et fondamental pour l’ensemble de la discipline de toucher un nouveau public ».

C’est beau mais c’est loin
Mais il ne faut pas imaginer aller faire du tourisme au stade de La Rabine. Les Vannetais n’ont pas raté leur entame de championnat avec une victoire à domicile contre Montauban en ouverture puis un point de bonus défensif arraché à Soyaux-Angoulême. Un duel de promus que les hommes de Jean-Noël Spitzer ont même cru remporter avant d’être crucifiés à deux minutes de la sirène. « Ils vont accrocher tout le monde chez eux, assure le talonneur Mike Tadjer qui a suivi de près les barrages d’accession entre le RCV et son ancien club Massy. On doit s’attendre à un très gros combat de leur part. Pour espérer un résultat, il faudra se montrer discipliné et surtout ne pas tirer à blanc sur les quelques occasions que l’on aura. » Une règle qui s’appliquera à chaque déplacement, ou presque. Le problème avec celui-ci, c’est la distance. La Bretagne, « c’est beau mais c’est loin », dirait un ancien Président. Les neuf heures de bus d’hier et la préparation raccourcie risquent de peser au moment d’affronter le gros paquet d’avants breton. D’autant que, ces dernières années, le Sporting « n’a pas souvent réussi à faire de gros matchs à l’extérieur contre des équipes n’étant pas considérées comme les plus fortes », souligne Mathieu Blin.

Changement de style
Cependant, Agen a trouvé contre Albi de nouvelles ressources dans son jeu qui peuvent prêter à l’optimisme. Même en étant laborieux, les coéquipiers d’Antoine Erbani ont su se parer du pragmatisme qui leur faisait jusque-là cruellement défaut En seconde mi-temps tout du moins. La mêlée avait déjà convaincu en pré-saison mais elle s’est accompagnée cette fois de lancements de jeu plutôt intéressants, utilisant la touche, les ballons portés et le pick & go. Pas forcément très sexy sur le papier mais permettant d’éviter bien des pertes de balles. Ce jeu simple sied mieux au niveau actuel du SUA  qui pourra progresser étape par étape avec, on l’espère, une certaine régularité. La confiance vient à coup de quatre points comme l’appétit vient en mangeant. Les Lot-et-Garonnais ont croqué une première part dimanche dernier et n’ont aucune envie de s’arrêter là. Pour ce périple en Bretagne, ils sont chauds… comme la Breizh. 

Dimitri Laleuf

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