Conseil d’agglo // Mariage façon noces rebelles


Après cinq heures de débat, c’est vers minuit que la délibération de mutualisation a été adoptée à bulletin secret par 31 voix pour, 29 contre et 4 abstentions.
Qu’il est loin ce 3 novembre quand les édiles agenais se prononçaient dans une large majorité en faveur de la mutualisation de leur administration avec l’Agglo. Hier soir, les élus communautaires, en présence d’un public nombreux, ont fait voler en éclat la politique de consensus prônée jusqu’alors par le président Dionis. « Nous sommes divisés, j’en prends acte. Il y a du chemin à faire pour vous convaincre », analysait Jean Dionis.
Certains vice-présidents avaient fait part ouvertement de leur opposition. Christian Dézalos, Michel Lauzzana, Francis Garcia à gauche, mais également Pascal de Sermet à droite ont dit niet. Christian Delbrel a par ailleurs fait savoir le peu de bien qu’il pensait de la réforme. Le maire de Bon-Encontre, lui, faisait valoir un votre contre pour obtenir un délai et ainsi mettre sur pied une nouvelle mutualisation. Ses homologues de gauche se déclarant « pour » l’idée de la mutualisation, mais pas de cette manière dénoncée comme brutale… Craignant une perte d’autonomie ou de recettes pour les petites communes. « J’ai peur d’en prendre pour mon grade » a même glissé le maire du Passage avant sa prise de parole. C’est le premier édile de Colayrac qui avait subi les foudres du président en évoquant « le peu d’économies de la réforme, l’absence d’un projet de territoire et la marche forcée » auxquels seraient soumis les élus…

Discours de la méthode

Et pourtant, ces critiques, la majorité, Bernard Lusset, Henri Tandonnet et Jean Dionis en tête, assurait les avoir entendues. Le maire d’Agen les a listées. S’il reconnaît que les économies ne seront pas immédiates, il reste fidèle à son style : « Je crois aux impulsions fortes en début de mandat ». Bernard Lusset, monsieur Mutualisation, a voulu conjurer la menace d’un échec : « La loi nous impose d’écrire un schéma de mutualisation au 31 mars 2015. Si la délibération n’est pas adoptée, il faudra que nous en écrivions un nouveau… Et ça ne sera pas avant 2016 ou 2017 » Car cette mutualisation, c’est la première grande réforme de l’équipe Dionis, aussi bien municipale que communautaire. Et ce dernier estime que le travail a été bien fait. « C’est la seule solution pour que les collectivités gardent une capacité d’investissements en ces temps de vaches maigres. » Les chiffrant à moins 4,4 millions d’euros de dotations étatiques d’ici 2017, soit une DGF réduite à peau de chagrin. Rendez-vous maintenant en décembre pour finaliser l’acte de naissance du mariage entre Agen et son Agglo.

Gauvain Peleau-Barreyre

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