Conseil départemental : lettres et crise de maires


Sur les hauteurs de l’agglomération agenaise, le soleil tape dur. La température est même montée de quelques degrés entre deux communes, Pont-du-Casse et Foulayronnes, qui, plus que voisines sont devenues soeurs ennemies. Dernier épisode en date, un courrier du 11 juillet adressé par le maire de Foulayronnes, Bruno Dubos, au président de l’assemblée départementale, Pierre Camani. Il demandait un « droit de réponse » suite aux propos tenus par le maire Cassipontin et conseiller départemental, Christian Delbrel, lors de son intervention liminaire de la séance plénière du Département le 20 juin dernier. « Au cours de cette séance, M. Christian Delbrel a usé d’allégations mensongères et diffamantes à l’encontre de (ma) commune » peut-on lire sur le courrier que nous nous sommes procurés. Ajoutant que ses administrés ont été « choqués » par « l’ingérence » dont aurait fait preuve le magistrat cassipontin. Mais qu’a donc dit Christian Delbrel qui a suscité cette complainte épistolaire ? « Il existe encore des coins en Lot-et-Garonne complètement déconnectés de toute démocratie, dépourvus de toute moralité ». Il vise, sans le citer nommément, Bruno Dubos et ses agissements présumés « dictatoriaux » envers Nathalie Bricard.

« Lâche » contre « dictateur »
Pour l’élu cassipontin, cette dernière ferait les frais de sa campagne des Départementales de 2014, où élue municipale de Foulayronnes (dans l’équipe de Bruno Dubos, donc) elle s’était associée à Christian Delbrel (de Pont-du-Casse, si vous suivez toujours) pour partir à Saint-Jacques. Les électeurs ont élu l’attelage cassiponto-foulayronnais au détriment de, entre autres, Bruno Dubos et Laurence Maïoroff.
Depuis, l’actualité locale, comme les coulisses des municipalités, bruissent de bruits plus ou moins forts de mésentente entre le maire de Foulayronnes et une partie de son conseil municipal, dont fait partie Nathalie Bricard. Elle serait donc « blacklistée » de certaines cérémonies municipales… Comme, par exemple, lors de la dernière assemblée générale du club de football du FCPF, commun aux deux villes, où la présence de l’élue départementale n’a pas été bien pris par le camp foulayronnais. Un autre échange de courriers entre l’adjoint aux Sports foulayronnais et la conseillère départementale a fini de déterrer la hache de guerre.
« Mon intervention, je l’ai faite au nom de tous les conseillers départementaux, précise Christian Delbrel, nous n’avons pas été nommés, nous avons été élus il faut respecter notre fonction. Nathalie Bricard devait être présente lors de l’AG du club de foot, il est sur son canton, le Département est un financeur du club et elle est vice-présidente de la commission Sport. »
De son côté, Bruno Dubos ne digère pas la déclaration de Christian Delbrel, qualifiée de « procédé cavalier et lâche » car ne siégeant pas à Saint-Jacques, il ne pouvait pas « amener de réponse devant ladite assemblée ». « Nous savions que le règlement du conseil départemental nous ne permettrait pas de répondre, explique-t-il, mais nous voulions marquer le coup. »
Le président Pierre Camani, qui a dû être bien surpris du droit de réponse invoqué, a retourné un nouveau courrier à Foulayronnes pour refuser cette demande : « Je ne tolérerai pas qu’un conseiller départemental ne soit pas reconnu dans l’exercice de son mandat », rappelant qu’il arrive parfois qu’un élu « n’appartenant pas à la majorité départementale me représente lors d’une manifestation. »   

Gauvain Peleau-Barreyre

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés