Conseil municipal // Droite et gauche se prennent à partie


Rien de tel que de parler de gros sous pour raviver la querelle centenaire entre droite et gauche. Les délibérations portant sur les comptes administratifs et le budget municipal ont joué le révélateur des lignes de fracture qui divisent une assemblée municipale jusque-là très sage en matière de polémiques politiciennes. On avait même quitté nos élus au mois de mars, pourtant étymologiquement propice aux joutes, en pleine osmose intellectuelle. Jean Dionis et Bernard Lusset (UDI) étaient même à deux doigts d’embrasser, au sens figuré, Emmanuel Eyssalet (PS) et Jean-Philippe Maillos (FdG) et leur idée de taxation des logements vacants. Mais ça, c’était avant. Car au moment d’approuver les finances agenaises, le ton est monté.

Contrats de défiance

« En vous écoutant parler, je sais pourquoi je suis de gauche », a lancé la conseillère municipale d’opposition Catherine Pitous. Le destinataire, et ça devient une habitude entre les deux, était l’adjoint Mohamed Fellah. Il défendait la position de la majorité de ne pas titulariser les contractuels de la mairie afin d’alléger les charges de fonctionnement. La mèche avait été allumée quelque minutes plus tôt par Emmanuel Eyssalet qui attaquait le plan d’économies : « L’épargne brute et les recettes sont  faibles par rapport au potentiel de la ville ». Ce qui peut se traduire par un « Vous auriez pu faire un peu mieux ». « Vous êtes gonflé quand même », a alors lancé l’adjoint aux Finances, Bernard Lusset, qui s’est vu accuser de sous-estimer les chiffres de dotations étatiques par son aile gauche. Jean-Philippe Maillos a lui aussi mis les pieds dans le plat en reprenant une remarque de Bernard Lusset sur une « prime aux chaussures » qui serait en cours pour les agents municipaux. « Vous me rappelez ceux qui disent que la crise n’est pas de la faute des banques et des multinationales mais des « assistés » ». Baya Kherkhache (DVD) et Gautier Guignard (UMP) sont venus prendre la défense de leur camp avant que le maire n’enfonce le clou, certes quelque peu rouillé puisque datant des années Veyret : « Nous payons encore le prix de votre politique de titularisations idéologiques, c’était une erreur majeure ».

Revoilà les élections

Et question erreur passée, Catherine Pitous n’a pas laissé passer l’occasion de rappeler au premier édile son art du « grand écart ». Une référence aux dernières élections départementales et aux soutiens quelque peu contorsionnistes du maire à des candidats se présentant contre sa majorité. « Je remarque que la droite s’est plutôt bien comportée en Agenais », a conclu Jean Dionis avant de passer au vote. Sans surprise, la majorité a approuvé les délibérations quand l’opposition s’y… opposait. Une séance normale et animée, somme toute, loin d’être « poétique » mais qui a eu l’intérêt de réveiller la prose de nos élus.

Gauvain Peleau-Barreyre

Projets retardés et subventions en baisse

Le programme municipal, transformé en feuille de route pour la mandature, a été revu à la baisse. Les incertitudes sur les montants de dotations étatiques et la faiblesse des recettes communales ont incité le maire à expliquer pourquoi le budget d’investissement passe de 42 millions à 24 millions. « Mais nous rendrons des comptes aux Agenais, promet le premier Jean Dionis, les 18 000 foyers seront informés de nos réalisations. »

Pour commencer, le premier magistrat a tenu à rappeler les projets déjà mis sur les rails : la Maison des Enfants, l’école Scaliger, la cité Bajon, l’administration commune, les Assises de la culture… Sans parler de l’opération de rénovation urbaine d’« Agen Coeur Battant 2 » qui entrera dans sa phase concrète dans les mois à venir mais avec une enveloppe plus légère de deux millions. Certaines autres promesses de campagne sont mises au régime sec. C’est le cas de la rénovation du musée qui fond de près de 6 millions d’euros, seul le virage numérique est ainsi conservé. L’école Langevin et le Stadium seront bien remaniés mais avec six millions de moins sur les budgets prévus.

Moins d’argent pour les associations

Autre secteur de la vie municipale touché par la cure d’austérité, le tissu associatif devra composer avec des subventions moins importantes. La baisse entrevue en 2014 est reconduite pour cette année avec, en moyenne, une baisse de 10% des sommes allouées. Cette décision soumise au vote des édiles n’a pas fait l’unanimité. Le Front national, par la voix de sa représentante Hélène Collet, s’est ému du système même des subventions. « Les cotisations des adhérents devraient pouvoir couvrir les frais de fonctionnement », a-t-elle déclaré, avant de contester le soutien au club professionnel du SUA et au Florida.

Les élus socialistes eux se sont prononcés contre cette délibération. Un choix qui a pu intriguer mais que ses représentants justifient par une opposition « à la baisse des subventions et non pas aux associations ».

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