Contre les pronostics, Dionis espère une « remontada »


Sans surprise, la circonscription Agen-Nérac a suivi la tendance nationale lors de ce premier tour des élections législatives. La République En Marche, représentée par le maire de Bon-Encontre Michel Lauzzana, caracole en tête devant le candidat UDI-LR, ici Jean Dionis du Séjour. Grâce à une abstention record – 47% localement -, les deux hommes seront seuls au deuxième tour,  Catherine Lesné (Front national) n’ayant pu récolter les suffrages nécessaires pour imposer une triangulaire… Mais qui sortira vainqueur du duel entre édiles voisins et collègues de l’Agglo ? Michel Lauzzana fait figure de grandissime favori. Avec treize points et 6 000 voix d’écart, son matelas semble suffisamment confortable pour gagner un siège au Palais Bourbon dimanche prochain. Même en réunissant l’ensemble des votes de droite, ceux de Muriel Boulmier, Benoît Aurices (DLF) et Cécile Perrain (UPR), Jean Dionis serait encore loin du compte. Il lui faudrait ratisser sur les platebandes des frontistes honnis, hypothèse inconcevable, pour espérer l’emporter. « J’ai peut-être une forte avance mais rien n’est encore gagné. Et même si c’était le cas, il faut le mériter. C’est pourquoi je ne changerai pas de ligne de conduite. Je veux avant tout susciter un vote d’adhésion. Je n’ai pas mené une campagne contre quelque chose, à l’image de mon concurrent, mais pour un projet », explique Michel Lauzzana. En face, Jean Dionis refuse de s’avouer vaincu tant que la messe n’est pas dite et croit en ses chances de « remontada ». « Je pense que beaucoup de gens ont voulu sécuriser, à tort ou à raison, l’obtention d’une majorité au Président Macron. Avec les sondages qui prévoient plus de 400 sièges pour la République En Marche, on peut dire que c’est fait. Je pense que cela va maintenant libérer de nombreux électeurs et dégager le paysage pour assister à un deuxième tour radicalement différent du premier », annonce le maire d’Agen. En jeu, selon lui, la représentation nationale : « J’adresse à toutes les familles politiques la même question : doit-on souhaiter la confiscation du parlement par un parti unique ? Je pense qu’on a là quelque chose qui n’est pas sain pour la démocratie. Et à mon avis, les Français, en vieux peuple démocratique, n’aiment pas ça non plus. Une majorité trop vaste serait de surcroît très difficile à gérer ». Un argument que réfute le candidat Lauzzana. « Nous n’avons pas le Sénat, au contraire des majorités précédentes qui ont pu détenir simultanément l’Assemblée, le Sénat et les Régions », souligne-t-il.

Punchlines de campagne

Sur un plan plus local, Jean Dionis souhaite « faire entendre la voix de la France à 700 kilomètres de Paris, capable de se révolter et de porter les projets de territoire stratégiques ». « Je pense avoir la compétence et la passion pour le faire efficacement pour la circonscription Agen-Nérac alors que Michel Lauzzana ne semble pas être préparé ni même demandeur de cette tâche », lâche l’ex-député (2002-2011). Michel Lauzzana entend lui, de son côté, « amener une nouvelle manière de faire en prenant en compte tous les acteurs politiques sans sectarisme » au contraire de son adversaire « adepte d’une politique ancienne, des blocs les uns contre les autres, ce qui a pu pénaliser certains dossiers ». L’échiquier politique est peut-être bouleversé, les punchlines de campagne, elles, demeurent.

Dimitri Laleuf

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