Culture en résistance #1 // « La culture sera notre arme »


La ville s’apprête à vibrer aux sons du rock la semaine prochaine. Dès mardi et jusqu’à samedi, le Strummer Fest revient pour sa deuxième édition. Cinq jours d’expos, débats et de concerts dédiés au charismatique leader des Clash, Joe Strummer. Mais celui qui chantait « Rock the casbah », justement contre l’intolérance religieuse, ne sera pas le seul à être à l’honneur : « Nous ne savons encore quelle forme prendra l’hommage, mais le festival se déroulera en mémoire des victimes des attentats de Paris ». Quentin Tournié, l’organisateur, a maintenu le festival, en accord avec les autorités. « La sécurité sera renforcée, comme par exemple lors de la soirée de samedi au Galion, explique Quentin Tournié. Mais il n’était pas question d’annulation, nous n’avons pas peur des fascistes, la culture sera notre arme. » L’association à la base du festival, Garonne Calling, est née sur le combat antiraciste et antifasciste. Les tragiques événements parisiens font éclater de la plus cruelle des manières que l’extrémisme criminel politique et religieux se rejoignent. « D’ailleurs on a pu voir que ceux qui disaient « c’est bien fait pour ceux qui écoutent cette musique sataniste » étaient les gens de Rivarol (publication d’extrême-droite, NDLR) et les islamistes, précise Quentin. En plus ce n’est pas la jeunesse dorée qui a été touchée, ce sont des jeunes des classes populaires, comme nous. »

La culture en résistance

C’est bien un mode de vie, des terrasses de bistrot aux salles de concert, qui a été visé par les terroristes. Tout un pan de la culture que les acteurs agenais ont de suite condamné. Puis contre-attaqué. Au Florida, le concert que devaient donner les Parisiens de Forever Pavot samedi dernier a été annulé. Si l’équipe est « abasourdie », elle accueillera bien une étape du Strummer le jeudi soir. « On va pas baisser notre froc », répond Florent Bénéteau, directeur du Florida. Du côté de la compagnie Pierre Debauche ou des Montreurs d’Images (qui eux projetteront un film mercredi soir dans le cadre du Strummer Fest) c’est ce même esprit de liberté qu’ils ont opposé en jouant leur représentation pour les premiers et en projetant les films pour les seconds. « C’est juste de la musique, sortir s’amuser, prendre un verre. Mais j’ai l’impression que maintenant c’est aussi un acte de résistance », conclut Quentin. Et dans ce domaine-là, le jeunesse est surentraînée.

Gauvain Peleau-Barreyre

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