Cumul : l’heure du choix pour certains élus du 47


Cette promesse du président François Hollande a été tenue. A partir de cette année 2017, les élus ne pourront plus cumuler un mandat de parlementaire avec une fonction exécutive locale. En d’autres termes, c’est la fin du député-maire (et du sénateur-maire). Plusieurs personnalités politiques du Lot-et-Garonne sont concernées, ou le seront en cas de victoire à venir dans les urnes. C’est le cas notamment de Pierre Camani, sénateur et président du Conseil départemental. « C’est une réforme que je défends depuis longtemps, souligne-t-il. J’ai même fait partie des parlementaires à souhaiter qu’elle s’applique aussi aux sénateurs. Je m’y astreins donc naturellement. » Mais le choix n’a pas pour autant été facile. « Cela a été très dur de trancher. J’ai vécu le travail de sénateur comme une élévation intellectuelle. Mais les départements, dont le nôtre, traversent la plus grande crise de leur histoire, entre la situation financière imposée par l’Etat et ceux qui veulent les supprimer. Je ne voulais pas déserter ce combat majeur. C’est pourquoi je ne présenterai pas aux élections sénatoriales de septembre », ajoute Pierre Camani.
Le second occupant local du palais du Luxembourg fait face au même dilemme cornélien. Henri Tandonnet est en effet maire de Moirax. A l’heure où nous bouclons ces lignes, il n’a pas encore annoncé s’il briguait un nouveau mandat au Sénat mais plusieurs indices vont dans ce sens : « Cette loi est une bonne chose mais elle risque de couper les élus nationaux de leur territoire d’origine. Il faudra veiller à maintenir ce lien, peut-être avec des candidats qui ont déjà exercé localement… », explique-t-il. Suivez son regard… Si cette décision se confirme et que les grands électeurs lui accordent leur confiance à la rentrée prochaine, Henri Tandonnet devra renoncer à son mandat municipal et à son siège de premier vice-président de l’Agglo d’Agen.

La décision aux électeurs

Jean-Dionis du Séjour pourrait bien être dans une situation similaire. Candidat UDI-LR aux législatives, le maire d’Agen est par ailleurs président de l’Agglo et conseiller régional… Dans son propre camp, cela a fait grincer des dents, à commencer par Annie Gourgue. « Nous ne voulons plus de ces vieux usages qui concentrent les mandats importants pour nos territoires et leurs habitants, dans une seule main », dit-elle dans une lettre ouverte. Jean Dionis de répliquer : « Ce sont les électeurs qui décideront dans cette affaire. J’exprime aujourd’hui la volonté de reparticiper au débat national avec les grands enjeux qui se dessinent pour notre pays, les dangers qui guettent mais aussi les opportunités à saisir. Je ne me pose pas la question de savoir où je serai le plus heureux mais où je serai le plus utile. J’aime Agen mais je fais entièrement confiance à la municipalité pour faire émerger un nouveau maire. Idem pour l’Agglo. Et je pense être le mieux préparé pour aller à Paris avec dix ans d’expérience et des relations pour défendre l’hôpital, le 48e RT, l’Enap ou le barreau de Camélat ». En cas de défaite, il considérera que c’est « le résultat d’un vote politique plus qu’un désaveu » et conservera donc ses fonctions actuelles. Enfin Jean-Louis Costes, candidat à succession dans l’Hémicycle se prépare à céder « à regret et non par choix » sa place à son premier adjoint à la mairie de Fumel s’il est réélu. Idem pour Emilien Roso (maire d’Allemans-du-Dropt) et Christine Bonfanti-Dossat (maire de Lafox), candidate, elle, pour le Sénat.
Finalement, le meilleur moyen pour ne pas choisir, c’est de remettre la décision entre les mains et les bulletin des administrés.

Dimitri Laleuf

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