Défilé pour les 150 ans des Petites Soeurs des Pauvres


Cent-cinquante ans, un âge canonique pour l’une des institutions les plus emblématiques d’Agen, les Petites Sœurs des pauvres. En réalité, l’association est présente depuis un peu plus longtemps sur les bords de la Garonne. Mais les locaux investis place des droits de l’Homme en 1857 ont rapidement dû être quittés par manque de place. Les Petites Sœurs et leurs résidents sont alors partis à pied jusqu’au 102 de l’avenue Georges Delpech, en 1865, dans une bâtisse spécialement construite pour l’occasion. Un siècle et demi plus tard, ce samedi 24 octobre, une même marche sera réalisée. Histoire de commémorer l’action de la fondatrice des Petites Sœurs, Jeanne Jugan, reprise dans 185 maisons sur les cinq continents.

50 000 euros à trouver chaque mois
« C’est pour nous une très bonne opportunité de rappeler aux Lot-et-Garonnais que nous sommes toujours là pour les personnes qui en ont besoin et que nous comptons sur eux », explique Sœur Fidelma, la Mère supérieure, reconnaissable à son accent anglo-saxon. La structure reste malheureusement très dépendante de ses bienfaiteurs. « Le prix de revient est 47,77 euros par résident et par jour, ajoute la Mère supérieure en précisant que les retraités payent ce qu’ils peuvent (25 euros en moyenne). Malgré les cotisations et les différentes subventions, il nous faut trouver chaque mois 31% de la somme globale, soit près de 50 000 euros, par des dons divers. Nous y parvenons à chaque fois mais dans la difficulté et au prix de gros efforts. » Avec 10 Petites Sœurs et 43 salariés pour 68 pensionnaires, cet EPHAD accuse en effet de grosses dépenses mais assure en parallèle des prestations de premier ordre.

Critère de la pauvreté
Ce n’est pas pour rien que cette maison de retraite est enregistrée sous le nom de « Ma Maison », comme le rappelle Louis Ghibaudo, membre de l’Association pour le maintien à Agen des Petites Sœurs des pauvres, présidée par le docteur Pierre Lapoujade. La liste d’attente pour y entrer est très longue. Mais pas question pour les Petites Sœurs de renier leur principe fondateur : ouvrir leur portes aux pauvres, et uniquement aux pauvres. « La pauvreté concerne évidemment les ressources financières mais pas seulement. Il est aussi question de détresse sociale. Il y a des pauvretés très cachées », affirme Sœur Fidelma. La solitude en fait partie. D’où les nombreuses animations et sorties organisées toute l’année afin de faire des résidents « des acteurs » du centre. « C’est le paradis », confie Marguerite Lafaye. Attention, on frôle le blasphème.

Rendez-vous le samedi 24 octobre à 14h, place des droits de l’Homme à Agen, pour une marche d’environ trois kilomètres vers les locaux de l’avenue Georges Delpech avec un souper-champêtre servi à l’arrivée.

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