Département : un budget plus consensuel que le DOB


Le débat d’orientations budgétaires du 26 février avait été agité. Il n’en a rien été du vote du budget primitif 2018 vendredi dernier. Alors que l’on imaginait la polémique du « gel des investissements » brandie par l’opposition ressurgir, la séance s’est en réalité révélée plutôt consensuelle. Une situation rêvée pour le président du Conseil départemental, Pierre Camani : « Nous sommes toujours plus forts lorsque nous savons nous rassembler sur les sujets essentiels. Dans ces cas-là, c’est le Lot-et-Garonne qui gagne. »

Le vice-président déléguée aux Finances, Christian Dézalos, a présenté un budget à ses yeux « responsable et déterminé ». « Il prend en compte la réalité des contraintes multiples qui s’imposent à la collectivité mais exprime une volonté d’être utile aux Lot-et-Garonnais et de permettre au département de se développer », souligne le maire de Boé. Si les dépenses sociales restent en augmentation, 2018 signe « la plus faible évolution des dépenses de fonctionnement de ces dernières années » (+0,5%) permettant de maintenir un certain niveau d’investissement sans devoir recourir de nouveau au levier fiscal. Cette section investissement, d’un montant de 80,2 Mx sur un budget total de 416,1 Mx, fera la part belle à l’entretien du réseau routier et au déploiement de la fibre optique. Avec 15,2 Mx consacrés à ses routes, le Département reste dans ses standards.

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Mais qu’en est-il des grands projets structurants tels que le contournement sud-ouest d’Agen (barreau/pont de Camélat, échangeur autoroutier), le doublement de la RN21, la déviation de Marmande, le pont du Mas d’Agenais ? Sur ce point, la collectivité se trouve dans une situation paradoxale. « Dans le cadre du pacte financier que l’État souhaite mettre en place, le Département ne pourra investir plus de 45 Mx tous domaines confondus. L’État empêche le Département d’investir davantage et l’appelle dans le même temps à financer des grandes infrastructures qui relèvent pourtant de sa responsabilité à l’exemple de la RN21 à hauteur de 21,6 Mx », précise Pierre Camani. Ce dernier a donc innové en présentant un plan pluriannuel d’investissement (PPI) courant jusqu’en 2025. Plus de 116 Mx y ont été inscrits pour financer tous les grands projets. Ce PPI jugé « irréaliste » par Guillaume Lepers, chef de file de l’opposition, estimant que « le secours de l’État ne viendra pas », est toutefois une stratégie assumée par la majorité. « Nous affichons ce qu’il faudrait faire, explique Pierre Camani. C’est volontairement ambitieux pour montrer à l’État ce dont nous avons vraiment besoin. Un relâchement de 10 Mx par an de sa part nous permettrait d’y parvenir. En revanche, si l’État ne compense pas ce qu’il doit compenser, le PPI devra être revu à la baisse. Nous devrons prioriser les chantiers et certains attendront plusieurs années supplémentaires avant d’être réalisés… »

Craintes sur le Pacte financier

L’opposition, satisfaite de constater l’abandon du « fameux rebond » dans les éléments de langage du patron de Saint-Jacques, a joué le jeu de l’unité en choisissant de… s’abstenir sur le vote de ce BP 2018. En revanche, la quasi-totalité de l’hémicycle s’est interrogée sur la contractualisation avec l’Etat qui fait peser la menace de sanctions en cas de non-maîtrise des dépenses. Le conseiller Christian Delbrel a notamment parlé de « racket institutionnel » et de « mise sous tutelle ». Sur ce point, le président tient à rassurer : « Nous serons dans les clous. »    

Dimitri Laleuf

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