Du clavier au pavé : la jeunesse dans la rue


La loi travail a subi les foudres de la jeunesse, renforcée par des militants plus chevronnés, en cette journée du 9 mars. Ce qui n’est encore qu’un projet dont l’avenir se joue dans les salons de Matignon a reçu un amendement populaire et bruyant appelant à son retrait pur et simple.
Les élèves des lycées publics et privé formaient la première ligne du cortège qui s’est réuni aux abords de la préfecture. Cornaqués par « d’anciens lycéens » qui se sont fait les dents lors du CPE il y a 10 ans, c’est au son de slogans hostiles au gouvernement qu’un peu plus de 1 000 personnes ont défilé dans  les rues du centre-ville. « Lomet et Palissy sont dans la rue avec une soixantaine d’élèves, De Baudre peut-être quarante », explique Quentin, venu encadré la manifestation.

200 à 300 lycéens
Au total, entre 200 et 300 « jeunes » ont répondu aux divers appels à la mobilisation. « Notamment sur les réseaux sociaux, expliquent Kevin et Damien*, il y a une page Facebook qui réunissait toutes les manifestations. » Contre quoi ? « Contre la loi El Khomri, non ? Elle veut nous faire travailler… beaucoup… » Pour les deux copains, 18 ans en 2017, que ce soit cette grève du 9 mars ou les prochaines échéances présidentielles, ce sont des premières.
Tout comme l’après-manif qui a vu plusieurs interlocuteurs prendre la parole. « On va les aider à monter des comités dans chaque lycée, précise Quentin, leur apprendre à faire des AG et préparer les prochaines actions. »
Les syndicats étudiants nationaux (UNEF) ont appelé à une nouvelle démonstration de force le 17 mars prochain, voire le 31 mars pour un appel plus général. « On sera là », conclut Damien. 

Gauvain Peleau-Barreyre

*Prénoms changés à leur demande

Les « grands » restent discrets

Ils ne tenaient ni banderole ni propos déplacés contre le gouvernement. Tout juste quelques drapeaux de leur organisation syndicale rappelaient que les travailleurs étaient aussi de la partie. « C’est quand même une manifestation qui est à l’initiative des jeunes », rappelle Laurent Jacquelin, secrétaire départemental de la CGT. Un peu plus loin, c’est le métallo et ex-candidat aux Régionales, José Gonzalez, qui reprend : « Voir enfin des jeunes mobilisés, ça fait du bien ». Des figures politiques, de gauche, ont également battu le pavé, mais plus discrètement. La guerre des roses ne doit pas (encore) se faire à visage découvert. 

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