Economie // « Nous n’avons jamais contesté notre dette »


L’affaire qui opposait Villeneuve Pneus et 1001pneus.fr est désormais passée en jugement. Et le tribunal de commerce a donc condamné la start-up de vente en ligne de pneumatiques à verser quelque 260 000 euros à la société villeneuvoise. Lionel Moutouh, créateur et dirigeant de 1001pneus.fr, tenait à revenir sur les tenants et aboutissants d’une collaboration fructueuse qui s’est soldée par un divorce douloureux…

L’Hebdo : Revenons sur les débuts de l’histoire… De quelle manière avez-vous commencé à collaborer avec Villeneuve Pneus ?
Lionel Moutouh : « C’était en 2009. A l’époque, nous venions tout juste de créer 1001pneus.fr. Villeneuve Pneus est venu nous chercher dans le village du sud où nous étions installés. Ils venaient de racheter les bâtiments de la Seita. Ils nous ont proposé d’être nos fournisseurs et de stocker nos produits. Nous commencions à faire du volume. Maxime (NDLR : Maxime Sabourin, créateur associé de 1001 Pneus) et moi-même sommes des informaticiens. Nous avons vu dans Villeneuve Pneus un professionnel dans le secteur et Villeneuve Pneus voyait en nous des spécialistes du marché sur le Net. C’était du gagnant-gagnant. En 2011, on s’est décidés à déménager à Villeneuve-sur-Lot pour se rapprocher de notre fournisseur.

L’Hebdo : Pour quelle raison cette alliance a fait long feu ?
L. M. : Nous savions pertinemment que nous aurions besoin à terme d’une augmentation de capital pour perdurer. Cela faisait partie du deal passé avec Olivier Costa, dirigeant de Villeneuve pneus, qui devait nous amener ses fonds propres. Très vite, on s’est trouvé dans une impasse. Il manquait 1,7 millions d’euros pour poursuivre l’aventure et Philippe Costa n’a pas pu investir. On a donc été obligés, en 2012, de chercher nous-mêmes des capitaux. C’est la rencontre avec Alain Tingaud et son investissement qui a débloqué la situation. Sans ça, on perdait tout et Villeneuve Pneus également.

L’Hebdo : Et les choses se sont envenimées ?
L. M. : Oui… Olivier Costa n’a pas digéré que des investisseurs extérieurs entrent dans notre capital à sa place. Pourtant, il avait tout à y gagner. Grâce à cet apport, la société a continué à se développer et les commandes de pneus avec.Sans cette dispute, nous lui aurions amené un énorme volume d’affaires. Suite à nos dissensions, nous avons voulu faire un solde de tous comptes. Dès le départ, nous avions l’intention de leur payer ce que nous leur devions, soit 700 000 euros  de produits. Nous avons voulu faire une première réunion, en présence de l’expert-comptable, chargé de nos deux sociétés. Villeneuve Pneus n’est pas venue. Son dirigeant nous a signifié qu’il comptait nous facturer des frais de gestion et de salaire que nous avons contestés. C’est alors que Philippe Costa nous a assignés en justice.

L’Hebdo : Aujourd’hui, où en est l’affaire ?
L. M. : Nous avons réglé ce que nous devions et espérons que nous allons en finir avec cette histoire qui dure déjà depuis presqu’un an.

L’Hebdo : Est-ce à cause de cette affaire que 1001 Pneus a déménagé sur Bordeaux ?
L. M. : En partie seulement. Mais la principale raison est que nous avions besoin de nous développer et donc de recruter. Pendant un an, nous avons cherché des ingénieurs qui accepteraient de s’installer à Villeneuve… En vain. S’ajoutait également le problème de la fibre optique qui n’était pas disponible. Mais on regrette d’avoir dû partir, Maxime et moi. Nous apprécions la douceur de vivre lot-et-garonnaise. La société a d’ailleurs gardé des attaches en sponsorisant non seulement le SUA LG, mais aussi le club de Laroque-Timbaut. Et nous avons encore des projets en développement dans le Lot-et-Garonne.

Annabel Perrin

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