Elections // Le front républicain porté disparu


Front contre Front. Le républicain contre le national. Un candidat d’un parti traditionnel appelle à voter contre celui d’extrême-droite ou se désiste en faveur de celui qui a le plus de chance de l’emporter face au FN. Simple et clair ? Eh bien non. En Lot-et-Garonne, les stratégies d’entre-deux-tours sont plus difficiles à suivre qu’un plan de vol de Caucaunibuca. Il y a bien le chef de file de la gauche, le président sortant Pierre Camani, qui veut lever toute ambiguïté : « J’appelle à voter pour le candidat républicain qui est en face du FN ». Appelle-t-il donc à voter Merly, son principal opposant à l’assemblée départementale ? « Je ne le dirais pas comme ça, mais oui. » C’est bien l’un des seuls candidats à s’exprimer aussi clairement. Les binômes de gauche éliminés se contentant de répéter qu’il faut « faire barrage » à l’extrême-droite. Sans jamais dire de voter pour la droite.

« Des larmes de crocodiles »

« Maintenant on peut dire que le front républicain n’existe plus, que les électeurs choisissent par eux mêmes. » Cette constatation d’Alain Merly est, selon lui, la conséquence d’un discours double de la majorité  : « Je remarque que la gauche n’est pas en cohérence avec les grandes leçons qu’elle nous donne. » Dans son viseur, le maintien des équipes de la majorité sortante arrivées en troisième position derrière le FN et la droite. Il fut un temps où les triangulaires étaient redoutées, laissant le champ libre au parti de Marine Le Pen. « Mais la montée du FN fait les affaires de la gauche, ils ne versent que des larmes de crocodile. » Les vraies larmes, accompagnées de gouttes de sueur, ont été, pour le leader de l’opposition, de constater à quel point le FN a pu « siphonner » les voix de son camp. Pourtant Alain Merly continue de faire confiance aux électeurs, même s’il leur conseille de « bien réfléchir » avant de voter, par exemple pour l’extrême-droite…

« C’est très bon pour nous »

Etienne Bousquet-Cassagne, lui-même arrivé en tête sur son canton villeneuvois, a réussi à placer dix-huit tandems au second tour. Pas de quoi cependant lui assurer d’avoir des élus à l’assemblée départementale. « Mais nous avons plusieurs cantons sur lesquels on peut le faire, comme le Sud-Est Agenais, le Livradais, le Confluent ou Villeneuve 2 ».

Et s’il y en a un qui se repaît de ces contorsions stratégiques – ou politiciennes, c’est selon – c’est bien le chef de file du Front national : « Il n’y a pas de front républicain en Lot-et-Garonne, c’est très bon pour nous », assure-t-il.

« Le FN pas la première force »

Ce qu’a bien compris Pierre Camani qui adresse un petit tacle à la droite et, une fois n’est pas coutume, à ses équipes qui ne se sont pas positionnées assez clairement. « Je regrette vivement que d’autres candidats ne se soient pas positionnés aussi clairement. »

Droite et gauche sont donc menacées sur ces territoires par le premier parti du département. Devant le PS et l’UMP. « Mais pas la première force politique ! », se défend Pierre Camani. Et de sortir la calculette pour additionner les suffrages récoltés par tous les partenaires du PS, ce qui les place en tête. Mais à quel prix ? La séance d’installation du nouveau Conseil départemental jeudi 2 avril sera inédite à plus d’un point.

Gauvain Peleau-Barreyre

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés