Elodie, Stéphanie et Séverine, dans l’ombre du château


Elles sont trois femmes à œuvrer au sein du château-musée Henri-IV, de Nérac, telles des abeilles laborieuses. Elodie Pignol (conservatrice), Stéphanie Knobel et Séverine Poloni (médiatrices) travaillent depuis plusieurs années à l’accueil du public, à la conservation du patrimoine et à proposer des animations afin de faire découvrir le château et son histoire à toutes les générations. Le château a fermé le 1er décembre et rouvrira le 1er février. Chaque année, durant deux mois, l’équipe ne part pas en congés, elle se consacre à mettre en place des projets d’animation et à prendre des contacts avec d’autres musées ou encore à changer les collections. Pendant deux mois, le trio agit dans l’ombre. Chacune met sa pierre à l’édifice, fait état de sa créativité pour valoriser le château. Voici les projets du château ainsi que le parcours professionnel des trois dames que, à n’en pas douter, Henri IV aurait bien aimer connaître.

L’Hebdo : Elodie, Stéphanie et Séverine, quand avez-vous pris vos fonctions au château de Nérac et quels ont été vos parcours respectifs ?
Elodie : J’ai pris mes fonction de chef de service du patrimoine et de conservatrice des musées de Nérac et Mézin en juin 2009. Depuis l’âge de 6 ans, je voulais travailler dans les musées. J’ai eu la chance de visiter, très jeune, les châteaux de la Loire avec mes grands-parents. Deux ans plus tard, je visitais l’Italie, la Toscane. Cela marque pour longtemps. J’ai lu très tôt des romans historiques, je me suis orientée vers un bac littéraire option histoire des arts en 2001, j’étais étudiante à Paris en histoire-géographique et en histoire-archéologique, j’ai préparé un master, un DEUG. Divers stages m’ont conduite à la Bibliothèque nationale de France et pas que dans la conservation. J’ai organisé des manifestations culturelles pendant ma maîtrise qui m’ont beaucoup apporté, j’ai été guide-conférencière à la Tour Jean-sans-Peur, j’ai également suivi un stage de récollement au Louvre. J’ai été responsable au service des inventaires pendant trois ans au Musée national des Arts et Métiers. J’ai candidaté à Agen et j’ai été mise à disposition pour Nérac.
Stéphanie : J’ai étudiée les arts plastiques et automatiquement l’histoire de l’art. J’ai suivi des ateliers avec des scolaires dans les musées. J’avais envie de travailler dans ces structures par rapport à la création. A Nérac, depuis fin 1999, j’ai effectué un remplacement qui s’est terminé en CDD, emploi-jeune et CDI. Ca m’a permis de continuer à me former pendant cinq ans pour passer un brevet d’Etat (BATEP). J’ai eu pour mission de renforcer l’accueil du jeune public. Ce qui me plaît dans le métier de médiatrice c’est de transmettre les connaissances. Nous sommes une petite équipe avec beaucoup de missions, c’est très enrichissant, c’est pour cela que je suis restée à Nérac.
Séverine : Pour moi c’est différent, je ne voulais pas être guide. Je souhaitais enseigner. J’ai fait une fac d’anglais, j’ai voyagé pour le tourisme. Le montage de voyages m’a plu. Je suis tombée dans le guidage en me découvrant une passion suite à un remplacement en 2006, je suis originaire de Nérac. Cela a débuté ainsi. Au château, on fait vivre l’histoire de façon différente à travers le contact et la communication avec le public. D’ailleurs je suis intéressée par la formation en direction du public handicapé. De plus en plus de personnes handicapées font la démarche de venir au musée, elles ont des attentes. Je me forme pour mieux appréhender le handicap afin de proposer des activités adaptées. Depuis deux ou trois ans, on accueille ce public. Nous essayons de mettre en place des cycles de visites à thèmes pour les personnes atteintes de handicaps psychologiques.

L’Hebdo : Le château est fermé jusqu’au 1er février 2015, que préparez-vous pour la nouvelle saison ?
Elodie : Le jour de la réouverture, il y aura une animation, nous travaillons sur ce rendez-vous. Depuis deux ans, en partenariat avec le musée de Pau, nous présentons une sélection d’oeuvres prêtées par Pau. Pour 2015, ce sera autour du binôme Henri IV-Sully. Les visiteurs auront plaisir à découvrir une tasse et sa soucoupe à l’effigie de Sully et au motif du château de Rosny; puis une pendule « Henri IV relevant Sully » ; deux paires de médaillons ovales aux profils d’Henri IV et Sully ; un groupe représentant Sully aux pieds d’Henri IV. Au niveau scientifique, il y a un projet de restauration pour 2015 de trois sculptures d’Henri IV, Sully et de l’amiral Coligny. Le projet est en cours et sera présenté à la DRAC le 12 décembre. Nous définirons ensuite qui sera le restaurateur. Un autre gros projet scientifique et culturel est en cours de finalisation sur l’état des lieux pour la partie de l’existant ; sur ce qui pourrait améliorer l’établissement. La collectivité pourrait délibérer sur le sujet et transmettre au ministère de la Culture. A l’automne 2015, se tiendra un colloque autour de Marguerite de Valois, mené par des universitaires, en partenariat avec le musée de Pau.
Stéphanie : Les rendez-vous des conciliabules se poursuivront. Nous travaillons avec une classe du lycée G.-Sand, plusieurs interventions avec des professionnels du château sur la médiation et sur la conservation sont prévues. Nous travaillons également avec la compagnie Ribambelle pour une mise en espace dans le musée et continuerons avec la compagnie de Christine Grimaldi pour la danse Renaissance.

L’Hebdo : Vous allez faire naître des vocations ?
Stéphanie : C’est le but, oui, dans le cadre de l’opération « Une Classe, une oeuvre », portée par le Conseil général, la Région et le musée. Nous faisons découvrir les métiers du musée.

L’Hebdo : La médiation consiste en quoi ?
Elodie : Cela comporte des missions très diverses : la préparation d’une animation pour jeune public et adultes, la recherche d’intervenants pour la période Renaissance, travailler sur des projets avec des intervenants pour proposer quelque chose en lien avec le château comme des conférences, nous rencontrons des historiens. Il y a aussi le côté administratif avec les conventions, les budgets, les délibérations, les prêts et dépôts, demandes de subventions, régie de recettes. Il faut se tenir au courant des questions de droit et faire toute la communication autour des projets et animations. Nous avons un dossier de visite, ce fut un gros travail réalisé par Séverine et Stéphanie pour les réseaux des musées, financé par le Conseil général.
Séverine : Nous faisons aussi des recherches à travers les livres.
Stéphanie : Nous avons également des outils d’accessibilité qui ont été mis en place depuis deux ans. Un circuit audiodescription est mis à disposition, de petits Ipads pour le public non-voyant, des planches tactiles qui représentent des tableaux ou des morceaux de tableaux, des détails. Nous souhaitons nous former sur l’accueil du public non-voyant afin de savoir comment mener une visite commentée.

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