Employée licenciée : « Il est urgent d’agir pour Rajae »


Fatiguée, déprimée, amaigrie : Rajae Gueffar ne voit pas le bout du tunnel. Entourée des responsables syndicaux CGT cheminots, la frêle agent d’entretien explique les conséquences de son licenciement, entre deux sanglots : « Je ne mange plus, j’ai perdu 11 kg, je ne dors plus. Je prends des anti-dépresseurs. » Terrible portrait d’une femme, à l’orée de la cinquantaine, renvoyée de sa société de maintenance, sous-traitante de la SNCF, quelques jours avant Noël pour avoir traversé les voies de chemin de fer, « un passage planchéié », selon la terminologie ferroviaire . « Pour gagner du temps, se défend l’Agenaise, nous n’avons que trente minutes pour nettoyer chaque voiture. »
Si l’affaire avait fait grand bruit en cette période de fêtes, elle revient sur le devant de la scène de manière plus musclée : « Il faut se bouger, il est urgent d’agir pour Rajae, martèle Francis Portes de la CGT. Nous sommes dans un combat syndical pour faire réintégrer une employée licenciée pour une sanction disproportionnée. » Le motif de faute grave retenu par Onet ne passe pas auprès des syndicalistes, même si pour la société, la faute est caractérisée.
Les gardiens du rails entendent bien démontrer la bonne foi de leur protégée et dénoncer les conditions de sous-traitance. Et ce, directement auprès de la direction de la SNCF. « Ils sont gênés, on le sent, confirme le délégué CGT cheminots Dominique Abella. A chaque changement de prestataire pour les questions de sous-traitance, notamment pour l’entretien, les conditions de travail empirent. »

La réintégrer dans la SNCF ?
Les solutions existeraient pourtant. Une réintégration à Onet reste cependant difficilement envisageable mais l’espoir d’un compromis, par exemple une embauche par la SNCF, est toujours là. C’est avec ces arguments que le délégué CGT s’est rendu à Bordeaux pour déposer une lettre à la direction, après avoir envahi le comité régional  d’entreprise la semaine dernière.
La lutte politique ne perd pas d’ampleur non plus où les Jeunes communistes, emmenés par Thomas Portes, ont eux aussi réaffirmé leur soutien à Rajae Gueffar. « En 15 ans je n’ai jamais eu de problème, conclut cette dernière, tous mes responsables étaient contents de moi. » Elle demande juste que cela continue ainsi.   

Gauvain Peleau-Barreyre

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