En Marche oui, mais avec qui ?


Jour après jour, les sondages placent Emmanuel Macron en tête des intentions de vote, au coude à coude avec Marine Le Pen aux alentours de 25%. Ces mêmes sondages donnent le candidat d’En Marche large vainqueur au second tour. Sans jouer les diseuses de bonne aventure, voir Emmanuel Macron sur le perron de l’Elysée au mois de mai est désormais loin d’être utopique.
Mais pour gouverner, il lui faudra une majorité, et donc des candidats pour les élections législatives. Les postulants sont nombreux, « plus de 14 000 », selon Olivier Damaisin, adjoint au maire de Beauville et référent départemental du mouvement. Cependant, personne n’a encore été officiellement investi.
Alors qui pour devenir député(e) ?  « Selon moi, ceux qui seront crédibles n’auront pas exercé de mandat de haut-niveau ou passé toute leur vie dans le circuit politique », indique Olivier Damaisin. Une posture qui coïncide avec la volonté de « renouvellement » affichée par l’ancien ministre de l’Economie. Les traditionnelles têtes d’affiche ne seront pas invitées à la fête sur les trois circonscriptions de Lot-et-Garonne. C’est la seule certitude. Pour le reste, Emmanuel Macron entretient le flou, sans aucun calendrier annoncé.

Profils variés et parité respectée

« J’ai beau postuler, je ne suis même pas certain d’être investi », confesse Olivier Damaisin, pourtant fidèle macronien depuis la première heure. Tous les profils ont leur chance. « On m’a fait part d’une vingtaine de candidatures, détaille le référent local. Il y a des maires ou des adjoints de petites communes, comme moi, des jeunes de 25 ans et des personnes de 70 ans, des encartés d’autres partis, des fonctionnaires, des gens du secteur privé, des agriculteurs, des avocats et même un énarque. »
Hétéroclite ? « Homogène, au contraire, répond Oliver Damaisin. C’est représentatif de la société. » C’est en tout cas paritaire puisque les femmes sont aussi bien représentées que les hommes. « Je pense même qu’il y aura deux femmes investies sur les trois circonscriptions », pronostique-t-il.

Une campagne de dernière minute

Encore inconnus aux yeux du grand public, ils devront faire avec un temps de campagne de surcroit très réduit. Pas évident pour susciter l’adhésion. Cette stratégie de « dernière minute » peut s’avérer risquée. « C’est vrai, concède Olivier Damaisin. Mais en face, personne ne fait vraiment campagne non plus. Et ceux qui ont été aux affaires auront un bilan à défendre. Nous, on aura des arguments. On constate également dans ce département que les législatives contredisent rarement le résultat de la présidentielle. En cas de victoire Macron, on peut espérer. »
Et en cas de défaite justement, qu’adviendra-t-il du mouvement qui a conquis localement plus de 750 adhérents en quelques mois à peine ? « Le contexte est si particulier qu’on aura peut-être pour la première fois un président sans majorité. Donc rien n’est perdu même si Emmanuel Macron ne l’emporte pas ». La réciproque est tout aussi vraie.
Mais quoi qu’il arrive, d’après Olivier Damaisin, En Marche poursuivra sa route : « Certains se positionnent déjà pour les sénatoriales et des listes commencent à se dessiner pour les municipales de 2020… »

Dimitri Laleuf

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