Enap : un agrandissement à 40 millions d’euros ?


La réponse devrait être connue rapidement. D’ici à la fin de l’année, quand le gouvernement aura débattu puis voté les orientations financières pour l’année 2017, pourrait se trouver une ligne qui réjouirait plus d’une personne en Lot-et-Garonne. L’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) pourrait bénéficier de crédits pour son agrandissement. L’école est devenue sous-dimensionnée, des syndicats pénitentiaires à la direction, la nécessité de nouveaux locaux fait l’unanimité. D’autant que les décideurs nationaux ont décidé de mettre en place une campagne de recrutement des surveillants qui s’ajouteront aux 2 700 élèves formés chaque année à Agen. Devant ce défi, la rumeur de construire une seconde Enap, hors du Lot-et-Garonne, avait un temps émergé. Mais une visite du ministre de la Justice plus tard, Jean-Jacques Urvoas le 27 avril dernier, et le lobbying intense des élus du territoire pourraient bien faire pencher la balance vers un agrandissement de l’Enap.

Harcèlement et ministre
« Nous n’étions pas au stade du harcèlement, mais j’en ai beaucoup parlé au garde des Sceaux, a expliqué la députée d’Agen-Nérac, Lucette Lousteau, Agen doit être prioritaire. » Un activisme pour le bien du territoire que les parlementaires, les sénateurs Henri Tandonnet et Pierre Camani, ont nourri. Ce dernier estimant que l’agrandissement est « une opportunité exceptionnelle pour répondre à l’objectif national de sécurité », vite appuyé par son collègue centriste : « Le Sénat soutient cette politique ».
Pour la construction de l’Enap, le Lot-et-Garonne avait décroché le pompon en la jouant groupé. C’est ainsi qu’un œcuménisme politique s’est remis en place, regroupant des parlementaires et des maires, de gauche et du centre. « Le ministre a dit qu’il serait sensible à tous les dons, donc on donne de notre personne », a souligné le maire d’Agen et président de l’Agglo, Jean Dionis du Séjour. Ce dernier a pu soumettre un plan détaillé du chantier, « répondant au cahier des charges dicté par les autorités » : « Cela permet de garder toutes les formations sur un seul et unique site et nous avons la réserve foncière nécessaire », liste-t-il. Car le chantier est gigantesque : trois à quatre ans de travaux pour un budget de 40 à 50 millions d’euros, clôturage de l’école, vingt nouvelles salles de cours, 250 hébergements supplémentaires, extension du restaurant ou du centre de tir… Verdict après le 11 octobre où une délégation lot-et-garonnaise, parlementaires et élus des collectivités territoriales, sera reçue par le ministre de la Justice.

Gauvain Peleau-Barreyre

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