Entre majorité et opposition, c’est « data gueule »


Elle ne s’en cache pas. L’équipe Dionis a trouvé « une bonne idée dans le programme du candidat Eyssalet » et a décidé de la reprendre. Lundi, la ville entre à son tour dans l’ère de l’open data. Un virage numérique autant que politique qui mérite plus amples explications. Avant de tenter de retrouver le fil de la genèse de l’idée, penchons-nous sur la signification d’open data, ou ouverture des données en langue vernaculaire.

Outil de simplification
C’est Gautier Guignard, adjoint branché de l’équipe municipale, qui éclaire nos lanternes analogiques. « Le terme d’open data peut faire un peu peur mais c’est très simple, explique l’élu. Il s’agit de rendre facilement accessible les données qui sont déjà publiques. » Le site Internet regroupera ainsi des milliers de fichiers que les citoyens pourront librement consulter et exploiter. Certes, certaines de ces informations étaient déjà sur la toile, mais éparpillées et difficilement consultables : « C’était un parcours du combattant pour trouver ce qui pouvait intéresser, là nous simplifions tout », résume Gautier Guignard. Besoin d’un accès rapide aux délibération du conseil municipal, de géolocaliser un cabinet médical, de savoir combien touche une asso ? Tout sera à portée de clic.

Un « gadget » pour la gauche
Le site sera dévoilé lundi, lors du conseil municipal. « Ah bon ?, s’étonne l’élu d’opposition, Emmanuel Eyssalet. Comme nous n’avons été réunis qu’une fois il y a un an pour en parler, je ne savais pas où ça en était… » Et pourtant, c’est la liste PS qui avait couché cette idée dans son programme électoral. Mais le leader de l’opposition ne se fait guère d’illusions sur l’ampleur des données mises à disposition et parle même d’un « gadget », peu ambitieux. « Le maire n’arrête pas de répéter que les dotations d’État baissent, alors ça a dû être fait a minima », explique l’élu PS. Sans oublier la lecture politicienne d’un tel outil : « Au moins on n’y retrouvera pas les réalisations du mandat, les conseils de quartier sont là pour ça », ironise-t-il. Avant de pointer le risque de dévoiler des données personnelles… Ce que Gautier Guignard réfute : « Il n’y aura que des données publiques, déjà publiées ! » Seul point d’accord entre les deux partis, une volonté affichée d’étendre le dispositif à l’Agglo, avec les communes qui seront volontaires.

Pas de vote de prévu
Cette innovation technologique ne fera pas l’objet d’une délibération, et donc d’un vote, car cette mise en place entre dans le cadre des pouvoirs de gestion courante du maire. On peut supposer tout de même qu’elle ravit la gauche. « Comme M. Eyssalet est uniquement concentré sur l’intérêt général, je suis sûr qu’il trouvera que c’est une bonne mesure », conclut Gautier Guignard. A suivre dès lundi en conseil municipal, sur le Net ou sur place à la mairie.

Gauvain Peleau-Barreyre

L’Open data pour les nuls

L’open data de la ville d’Agen sera un site à part entière. Il sera quand même accessible à partir d’un onglet sur le site municipal agen.fr dès lundi.
Appelées à évoluer, les ressources disponibles dans un premier temps concerneront les secteurs de l’administration (délibérations du conseil municipal, budget…), de la santé (médecins, pharmacies…), des transports, de la vie quotidienne (collecte des déchets…), du sport ou du commerce. Autre dimension avec le secteur économique qui recensera les emplois à pourvoir sur le bassin de vie. Le site fera la part belle aux initiatives de la nouvelle économie avec la possibilité pour des développeurs de créer des applis pour les tablettes ou smartphones. Enfin, les chercheurs et universitaires, ou plus simplement blogueurs curieux, auront à disposition un matériel pour enrichir leurs travaux ou publications.

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