Entretien Lionel Mazars // Mazars, l’agence tout risque


On pourrait presque le surnommer Hannibal en référence au héros de la série mythique des années 80, l’Agence tout risque. Lionel Mazars n’a pas le cigare à la bouche mais a l’aura, auprès de ses coéquipiers, de celui qui incarnait le stratège de cette bande de joyeux drilles qui semait la justice à travers les Etats-Unis. Depuis qu’il a posé ses bagages sur les berges de la Garonne en juin dernier, l’ancien capitaine de Castres et de Bayonne, international à deux reprises avec les Bleus (2007 et 2010), ce gaillard de 1,83 m pour 90 kg a amené son expérience et sa science du jeu dans un groupe en pleine construction et qui sortait d’une saison traumatisante. « C’est vrai qu’en arrivant à Agen, je faisais un saut dans l’inconnu mais j’ai très vite senti que tout allait bien se passer » explique, à 72 heures de la finale, l’intéressé. Pourquoi et comment il a compris avant les autres que ce groupe allait vivre une si belle saison ? « J’ai un peu de bouteille… Et j’ai vite vu le plaisir que les mecs avaient à se retrouver ensemble sur le terrain. C’est un signe fondateur. » Lui qui découvrait la Pro D2 aurait pu craindre de sombrer dans l’ennui. Et c’est tout l’inverse qui s’est produit :  « Je me suis régalé toute l’année tant ce groupe est génial. On vit vraiment bien ensemble, ce n’est pas des histoires que l’on raconte comme ailleurs aux journalistes. Il y a un vrai état d’esprit et cela n’a pas de prix. »

Pas de plan anti-Botia
Résultat, Agen a connu une saison au-delà de ses ambitions affichées en début d’année : « Oui, on est content de ce que l’on a réalisé mais non, cela ne suffit pas. On est en finale, on veut absolument la cerise sur le gâteau. On rêve d’offrir le Top 14 à nos supporters. » Aussi étrange que cela puisse paraître pour un joueur de son envergure, Lionel Mazars qui fêtera son trentième anniversaire le 29 juin prochain découvre les phases finales : « Que ce soit à Narbonne, Castres ou Bayonne, je n’ai pas eu ce privilège. Depuis les catégories de jeunes (NDLR : Lionel Mazars a été formé au Stade toulousain), je suis toujours passé à côté. Autant vous dire que je savoure l’instant présent. »
Dimanche, au stade Chaban-Delmas, le combat proposé par les Rochelais sera pourtant tout sauf une partie de plaisir : « Je l’ai dit très tôt dans la saison, La Rochelle c’est pour moi l’équipe la plus complète de cette Pro D2 ! Ils ont tout ce qu’il faut pour bien jouer au rugby : un pack puissant, un groupe soudé, un buteur hors pair (NDLR : Fabien Fortassin) et trois ou quatre joueurs de très haut niveau qui tirent tout ce joli monde vers le haut ». Parmi ses stars rochelaises, la bombe Botia qui a gagné à lui tout seul la demi-finale face à Pau, en inscrivant deux essais d’extraterrestre, croisera forcément la route de Lionel Mazars durant cette finale. Y aura-t-il un plan anti-Botia ? «  Le plan c’est que le mec qui se trouve face à lui le fasse tomber » se marre le centre agenais. « Collectivement, on est suffisamment fort pour contrer un tel joueur, il n’est pas question de se focaliser uniquement sur une individualité. Ce serait une erreur tant La Rochelle compte de nombreux joueurs de talent. »

Papa de cette ligne de trois-quart, Lionel Mazars a veillé toute la semaine à ce que personne ne se disperse avant ce grand rendez-vous : « On a bien récupéré après cette demi-finale. Le danger dans ce genre de rendez-vous c’est de jouer le match avant dans sa tête. On veut éviter cet écueil. Le groupe est suffisamment soudé pour ne pas tomber dans ce piège. »
Le plan de « Hannibal » Mazars, on l’espère, devrait se dérouler, cette fois-ci encore, sans accroc…

C.R.

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