Entretien Mathieu Blin // «  J’étais obligé de me poser la question »


L’Hebdo : Mathieu, vous avez eu des mots très forts au sortir de Biarritz en remettant en cause l’impact que votre discours pouvait avoir sur les joueurs. Une semaine après, comment vous sentez-vous ?
Mathieu Blin : Quand l’émotion prend beaucoup de place, on a tendance à se laisser aller des choses profondes. Quand tu poses le cadre dans une équipe, quelque part ton équipe doit te ressembler sur le terrain. J’étais obligé de me demander si mon discours passait vraiment auprès d’eux… Avec Jeannot et Stéphane on a parlé. Et très vite la passion a repris le dessus.

L’Hebdo : Qu’est-ce qui vous trouble le plus dans le comportement collectif de votre formation ?
M. B. : Que ce soit à Albi ou même à Biarritz en première mi-temps, nous avions la mainmise sur le jeu. A la sortie on prend très cher. Pourtant à la mi-temps de Biarritz on a essentiellement parlé de défense. Derrière on prend 24 points en 40 minutes, ça fait mal…

Problème de gestion

L’Hebdo : Vous pensez que votre discours aux médias à la sortie de la défaite à Biarritz a touché vos joueurs ?
M. B. : Franchement il faut leur poser la question. Mais entre nous, je ne crois pas non. Les joueurs ont le réflexe de se sentir responsable après une telle déroute, ils n’ont pas besoin de moi pour ça.

L’Hebdo : Vous en avez parlé avec eux ?
M. B. : Non… Ils se sont vus entre eux pour évoquer la situation. Nous sommes dans un moment de fragilité, la réunionnite ce n’est pas le moment de l’attraper. Parce que ça devient vite anxiogène et que les joueurs ont besoin de tout sauf ça. D’ailleurs lors de la vidéo, nous avons vraiment insisté sur les points positifs de la rencontre face à Biarritz.

L’Hebdo : On a le sentiment qu’Agen manque parfois de patience dans le comportement, que trop vite la frustration s’installe. Est-ce aussi votre ressenti ?
M. B. : On a clairement un problème de leadership. Dans la difficulté on se regarde les pieds, on se referme sur nous même au lieu de travailler en équipe. Chaque temps faible a été synonyme de défaite, si l’on excepte Tarbes où on avait su laisser passer l’orage. Tout ceci génère une énorme frustration…

L’Hebdo : Agen, dixième, c’est dur à accepter ?
M. B. : C’est inacceptable…

Propos recueillis par Cyril Recondo

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