Etam, une ouverture qui pose question


Avec la condamnation en appel de C&A en décembre dernier, on pensait l’habillement persona non grata dans la zone O’Green. Pour de bon. Mais depuis quelques semaines, l’ancien local de la Maison de la literie s’anime de nouveau. A l’intérieur, des travaux. Sur la devanture, la promesse d’un nouveau magasin Etam. Prêt-à-porter et lingerie sont annoncés. « Pour nous, cela relève une nouvelle fois de la violation du contrat signé avec le promoteur, indique Jean Dionis du Séjour, président de l’Agglo d’Agen. On va s’opposer à cela et engager beaucoup de force dans ce combat. Il y a une très forte probabilité pour qu’on lance une procédure judiciaire. » Le mot probabilité est choisi à dessein. Car dans les coursives de la collectivité, l’issue de cette bataille est loin d’être connue : « Ce cas de figure est un peu différent des précédents car il s’agit d’une deuxième implantation ». Pour rappel, dans le procès de C&A, l’enseigne avançait que les clauses restrictives ne s’appliquaient pas en cas de re-commercialisation. L’Agglo avait finalement obtenu gain de cause car le premier occupant des lieux, Décovie, était en fait « une société écran » qui n’avait jamais ouvert ses portes au public. La situation d’Etam aujourd’hui n’est en rien comparable.
Cela n’empêche pas Jean Dionis de maintenir sa position : « L’esprit de la transaction conclue au départ allait au-delà des premières ou deuxièmes implantations. On ne peut pas revenir comme ça sur la parole donnée », insiste-t-il. Les experts juridiques de la collectivité sont donc à pied d’oeuvre pour trouver un motif de poursuite.

L’arrivée de H&M en toile de fond

Cette bataille, qui pourrait faire jurisprudence, est indirectement corrélée à une autre. Celle de l’arrivée de H&M en centre-ville, dont la ville espère qu’elle booste son attractivité par effet d’entraînement. La négociation quadripartite entre l’Agglo, l’enseigne, le promoteur et les propriétaires du foncier est « compliquée mais elle avance ». « Rien n’est encore acté mais c’est à 90% fait. Il pourrait y avoir des annonces prochainement », dit-on à l’Agglo. Jean Dionis précise même un peu plus le calendrier. « Dans les trois mois, on devrait savoir si cela se fait ou si c’est un échec », annonce-t-il. Heureux et imminent dénouement ou Arlésienne, Agen joue ici la cohérence de sa politique en centre-ville. « Dans ce match, nous avons déjà marqué à plusieurs reprises avec la piétonnisation du boulevard, la création de nouvelles places de parking pour 2018 et la promesse des Galeries Lafayette d’investir 3 millions d’euros pour rester dans le cœur de ville. Le reste, ce ne sont que des hypothèses », ajoute un Jean Dionis compétiteur. Mais si les dossiers Etam et H&M échouent, ce serait une véritable débâcle pour la mandature. Et le président de l’Agglo se verrait à son tour renvoyé à la parole donnée à ses administrés.

Dimitri Laleuf

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