Des étudiantes infirmières à l’autre bout du monde


Entre Agen et Saint-Laurent-du-Maroni, il n’y a pas que 7000 kilomètres d’océan. Bien que les deux soient aussi françaises l’une que l’autre, la sous-préfecture guyanaise ne vit pas dans le même luxe que son homologue lot-et-garonnaise. En particulier en ce qui concerne la santé. « C’est une région où il y a un manque criant de personnel soignant », relève Perrine Fontenelle, élève à l’école d’infirmière (Ifsi) d’Agen. C’est pourquoi la jeune femme, accompagnée par deux de ses camarades de promotion, s’est engagée à faire un stage de cinq semaines dans le Centre hospitalier de l’ouest guyanais. Programmé en février 2019, ce périple n’a rien du séjour au bagne à en juger par l’enthousiasme et la détermination du trio. Mais il ne s’agit pas non plus de vacances. Derrière cette expérience se cache l’ambition de créer un véritable partenariat entre les deux villes. « On souhaite pérenniser cet échange avec une collaboration à long terme », souligne Perrine. Etudiantes et étudiants agenais pourront ainsi suivre la même voie que ces trois « pionnières » dans les années à venir. Et les candidats ultramarins de faire le chemin inverse plus facilement. « Cela peut-être une solution, à notre modeste échelle pour pallier le manque de formations en soins infirmiers là-bas », explique Céline Bailleau, l’une des comparses parées au départ. Si les stages en territoire étranger ne sont pas rares dans les Ifsi, le choix de cette destination exotique ne doit rien au hasard. Au cours du printemps 2017, le département numéroté 973 s’est rappelé au bon souvenir de la métropole à travers un mouvement social d’une grande ampleur. « On a clairement été sensibilisées par ce contexte et le sentiment de délaissement éprouvé dans les Dom-Tom. On tenait à montrer qu’on est là », poursuit Céline.

A la recherche de financements

Cette dernière, Perrine et Vanessa Laffitte en profiteront pour découvrir une autre culture et une approche du soin différente. « Les pathologies ne sont pas forcément les mêmes que chez nous, idem pour les remèdes. La cicatrisation change également. On devra par ailleurs apprendre à gérer les populations du Suriname qui n’hésitent pas à franchir le fleuve Maroni au péril de leur vie pour se faire soigner en territoire français », détaille Céline. Pour cette expédition, le budget s’élève à 9 000 €. Les jeunes femmes mènent donc une campagne pour trouver des financements, en sollicitant des entreprises privées d’un côté et en organisant des évènements de l’autre. En novembre, elles organiseront une rando avec l’association Courir pour des prunes ainsi qu’un vide-grenier. Une cagnotte en ligne a également été créée.  

Dimitri Laleuf

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