Extension de l’Enap, quand l’union fait la force


La bonne nouvelle est tombée le 4 avril… Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a donc choisi Agen et une extension du site de l’Enap, pour accueillir les quelque 500 élèves supplémentaires prévus dans le programme pénitentiaire du gouvernement. En effet, pour lutter contre la surpopulation carcérale dans les prisons françaises, de nouveaux centres de détention vont être construits et un recrutement de 2500 surveillants va être lancé dès 2017. La solution agenaise, si elle paraissait logique, n’en était pas pour autant une évidence. Neuf mois ont été nécessaires aux élus du territoire pour défendre le site lot-et-garonnais. « Je tiens à souligner l’union sacrée qui a perduré tout au long de ce dossier » raconte Jean Dionis du Séjour. « Pierre Camani, Matthias Fekl, Lucette Lousteau et Alain Rousset ont été omniprésents à nos côtés pour défendre la solution agenaise auprès du ministère ». Un front commun qui a mené bataille. En juillet 2016, le garde des Sceaux fait passer le message au maire d’Agen, via la directrice de l’Enap que la ville doit se mettre rapidement dans le match pour une extension de l’école. Car, en haut lieu, ça bataille fort entre deux solutions : agrandir le site existant ou partager l’enseignement sur deux écoles. L’agglomération penche alors sur un projet répondant au cahier des charges émis par le gouvernement : « Tout au long du mois d’août nous avons planché avec l’aide d’un architecte agenais, Stéphane Brassié. Fin août, nous envoyions une lettre démontrant la viabilité du site actuel de l’Enap » raconte Jean Dionis du Séjour. S’ouvrait alors une période de doutes : « La venue de Manuel Valls et ses déclarations en octobre nous ont donné de l’espoir. Mais on a également appris que la solution d’un deuxième site  perdurait, notamment sur d’anciens terrains militaires. On nous promet alors une réponse définitive à la mi-janvier ». Mais en janvier, c’est le silence qui domine. Et soudain, l’Etat change de méthode, passant d’un cahier des charges à l’élaboration d’un livre blanc : « C’était plutôt une bonne nouvelle pour nous. On savait alors que la solution serait plus rationnelle que politique ». Le 7 mars dernier, une nouvelle délégation lot-et-garonnaise, formée de Jean Dionis du Séjour, Henri Tandonnet, Christian Dézalos et Matthias Fekl vient argumenter et défendre l’idée d’une école unique : « Nous avons plaidé en tant que citoyens pour ne pas séparer l’enseignement des agents surveillants et des cadres. Nous avons également appuyé sur le moins cher et le plus vite, atouts de la solution agenaise ». Si rien n’est pour l’instant signé, Jean Dionis du Séjour est confiant : « Le risque d’un revirement existe certes, mais le projet a franchi un palier irréversible. Il sera difficile de revenir en arrière. Le débat pourra éventuellement se porter sur le volume du projet et son calendrier ».

Annabel Perrin

Le projet // Un investissement de 35 à 40 millions d’euros

Agen a présenté un projet ficelé au détail près pour remporter la mise. Car si l’Agglomération propose de prendre en charge quelque 3 millions d’euros de travaux concernant les résaux d’équipement et la voirie, le chantier de l’extension de l’Enap pèse lui entre 35 et 40 millions d’euros avec, à terme, 500 stagiaires supplémentaires et 50 emplois pérennes sur le territoire.

Dans le plan proposé, il est donc prévu la création d’un nouveau bâtiment dédié aux salles de cours de 2400 m2,  soit l’équivalent de 30 classes de plus, d’un nouvel amphithéâtre de 350 places sur une surface de 600m2 qui pousserait la capacité d’accueil à 600 élèves et la création de bâtiments d’hébergement de 500 logements pour que les stagiaires soient logés en chambres individuelles : « Une exigence du ministère qui ne peut demander aux élèves surveillants de partager leur appartement tout en préconisant la cellule individuelle dans les établissements pénitentiaires » explique Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen. « Mais nous avons gardé assez de foncier pour absorber l’ensemble de ces nouveaux bâtiments sans souci. Deux terrains attenants nous appartenant sont exploitables ».

Des extensions sont également programmées si le projet Agen voit le jour : celle du centre de tir dont la surface serait multipliée par deux. Idem pour le restaurant qui pourrait ainsi accueillir 250 couverts en plus. Enfin, le nouveau site devra être pourvu d’une clotûre pour répondre aux nouvelles exigences de sécurité  : « Car l’Enap abrite une population sensible pouvant être la cible d’attentats » ajoute Jean Dionis du Séjour.

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