Fin des travaux… et du stationnement ?


Les travaux, on sait quand ça commence mais jamais quand ça finit. Sauf rue des Cornières où, et c’est la bonne nouvelle, une date de fin de chantier a été annoncée aux commerçants. L’artère sera prête un mois avant la deadline prévue (soit fin avril) et une date d’inauguration est espérée, a priori, pour le 3 juin. Ouf de soulagement de la part de ces mêmes commerçants qui ont dû serrer les dents, et la trésorerie, pendant près de huit mois.
Une recette qu’ils pourront repasser à leurs voisins des Laitiers. Car un chantier peut en cacher un autre. C’est ce qui attend les riverains de la place. « Là ils s’occupent des réseaux, dans quinze jours ce sera de l’autre côté et dès que les Cornières seront finies, ils vont s’occuper de notre côté », raconte Cyril Chavet, gérant du magasin Quinze.
Une opération urbanistique qui n’était pas prévue pour ce côté-ci de la place mais la facture de la rue des Cornières étant moins salée que prévue, le reliquat permet à la municipalité de faire un peu de rab. Au nom de l’unité architecturale, les Laitiers s’offriront une cure de jouvence et afficheront le même profil que la voisine : trottoirs élargis, chaussée et cheminement piéton au même niveau, pavement, éclairage… Mais aussi places de stationnement ôtées. La rue commerçante a été amputée des trois-quarts de son stationnement, et côté Laitiers ce sont six places au total qui sauteront, celles qui longent la boutique de Cyril. « Je ne veux pas critiquer avant d’avoir vu le résultat, précise-t-il, mais en enlevant des places par-ci et par-là, ils sont en train de faire fuir la clientèle. » Pour la gérante de l’enseigne Eram, Edwige Poulain, le sentiment est également mitigé : « En tant que commerçante je dirais qu’il n’y a que du positif, ma boutique sera plus visible. Mais si je parle en mon nom, c’est une catastrophe ! Déjà que chaque matin je perds trente minutes à trouver une place… En faisant ça, la mairie tue le centre-ville. Personne ne pense à aller au parking du marché couvert. » Plus-value esthétique contre praticité, le débat est ouvert. Et même tranché pour Lucienne Castan. A 91ans, « dont 90 dans la même maison », cette riveraine de la place a des considérations bien plus terre à terre. « Comment je vais faire pour porter mes courses ? Ma fille m’aide c’est vrai mais si elle ne peut plus se garer ? Pour trois poches, je ne vais pas l’envoyer au parking ! » Plus que quelques semaines pour penser à une solution de repli.    

Gauvain Peleau-Barreyre

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