Finances saines et impôts stables pour l’Agglo


Ce débat budgétaire a été largement impacté par la signature d’une motion contre le pacte de modération financière que souhaite imposer l’Etat aux 319 plus grandes collectivités de l’Hexagone, qui concentrent deux tiers des dépenses de fonctionnement totales des collectivités. Après l’opposition ferme de la part des présidents des trois principales associations d’élus de France (Régions, Départements et maires), l’Agglo conteste également cette contractualisation devant être signée avant le 30 juin et qui contraindrait la collectivité à ne pas augmenter ses dépenses de fonctionnement de plus de 1,2% par an et à limiter leurs investissements. « Les élus locaux, toutes tendances politiques confondues ne sont pas du tout opposés à la réduction de la dépense publique mais pas de cette manière » expliquait Bernard Lusset, adjoint en charge des Finances.

Malgré des dotations de l’Etat encore en baisse (–400 000x en 2018) les finances de l’Agglo sont encore dans le vert cette année puisque la collectivité a dégagé une épargne brute de 11 millions d’euros (20,9%) à la clôture de l’exercice 2017. L’Agglomération continue donc de tenir le cap financier qu’elle s’est fixé depuis le début du mandat et préserve ses marges de manœuvre pour les investissements. « Tant mieux que nos finances soient saines car nous portons des projets lourds pour lesquels nous sommes de plus en plus seuls. L’Etat se désengage, le Département est ruiné et la Région regarde ailleurs » estime Bernard Lusset. Ces investissements majeurs 2018 concerneront la reconstruction du gymnase de l’ASPTT situé rue de Lille (3,8 millions d’euros) ou encore les travaux de protection de Boé contre les crues (2,4 millions d’euros). Une grosse partie du budget de l’Agglomération d’Agen sera également consacrée à la gestion des voiries d’intérêt communautaire (4,8 millions d’euros), au titre du Fonds de solidarité territoriale (FST) pour un montant de 3 millions d’euros (soit 30x par an pour les 100 000 habitants de l’Agglo d’Agen). Ces dotations sont versées aux communes qui en font la demande pour financer des équipements locaux.

Les élus de l’Agglo ont également fixé les taux d’imposition pour 2018 qui restent identiques à l’an passé.

Deux taxes non prélevées

Bernard Lusset, le grand argentier de l’Agglo, a tenu à affirmer la stabilité de ces impôts, au minimum, jusqu’à la fin du mandat, c’est-à-dire 2020. Il a également rappelé que la collectivité maintenait son choix de ne pas lever deux taxes. La première est la TSE (taxe spéciale d’équipement) que tous les contribuables lot-et-garonnais devront payer, sauf ceux des 31 communes de l’Agglo car celle-ci possède son propre EPF (Etablissement public foncier) local présidé par Henri Tandonnet. Et la seconde est la taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations), une compétence rétrocédée aux territoires depuis le 1er janvier pour financer les coûts relatifs aux risques d’inondations. « Nous considérons que les prélèvements sur l’habitant sont bien suffisants comme cela, a-t-il expliqué. C’est à nous d’ajuster nos dépenses et nos comptes, sans prendre le portefeuille du contribuable comme variable d’ajustement. » 

Simon Galinier


Brèves de conseil //

Révision du PPRI : Les élus communautaires ont demandé une annulation de la révision du Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) qu’ils jugent « excessif ». Ce recours conteste un dispositif qui prend la crue de 1875 comme crue de référence, sans la moindre enquête publique. Au delà du cas épineux de la reconstruction de l’école Paul-Langevin à Agen, plusieurs projets sont actuellement gelés sur d’autres communes de l’agglomération : Zac de Marot à Boé, Zac Horizon 2020 à Castelculier, le site touristique de Villascopia, le secteur Laboulbène à Colayrac-Saint-Cirq, le lieu-dit Candeboue au Passage-d’Agen ou encore le projet de médiathèque à Saint-Hilaire-de-Lusignan.

Ligne ferroviaire Périgueux-Agen : Le président de l’agglomération d’Agen, Jean Dionis du Séjour a proposé une motion aux élus communautaires sur le devenir de la ligne ferroviaire Périgueux-Agen. Jugée « vitale pour les territoires ruraux et pour les 500 usagers qui l’empruntent quotidiennement », elle est en mauvais état et nécessiterait de lourds investissements pour redevenir compétitive par rapport à la route. L’agglomération qui veut s’assurer de sa pérennité souhaite « la mise en œuvre d’un plan à long terme de modernisation de cette ligne visant à définir un calendrier de travaux ainsi que la garantie de leur financement ».

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