Foutu pour foutu…


Nos projections de la semaine dernière ne laissaient déjà pas beaucoup d’espoir quant aux chances de maintien du Sporting avec une victoire à Oyonnax. Sans ces quatre points, la mission devient carrément impossible. Malgré toute la bonne volonté du monde, ce bon vieux Tom Cruise ne viendra pas à la rescousse après l’autodestruction du message. Les coéquipiers de Lionel Mazars ne peuvent s’en remettre qu’à eux-mêmes. Et il faut bien le dire, leurs chances de victoire ce week-end sont aussi minces que les jambes d’Isabelle Ithurburu. Montpellier, nouveau quatrième du championnat, débarque sur les berges de la Garonne tel un rouleau compresseur gavé de confiance. L’équipe entraînée par Jack White a éparpillé façon puzzle le Racing 92, désormais ex-leader du Top 14, en inscrivant la bagatelle de neuf essais. « De toute la saison, c’est l’équipe qui nous a proposé le plus de variété dans l’animation des trois-quarts mais c’est également ce qui se fait de plus puissant dans le championnat au niveau des avants », analyse Stéphane Prosper. Le pack héraultais au fort accent springbok, véritable arme de destruction massive cette saison, risque bien de pilonner la valeureuse mais déficiente défense lot-et-garonnaise. La prestation sur le synthétique du stade Charles-Mathon est malheureusement là pour le rappeler. Les Bleu et Blanc n’ont pas démérité sur le plan offensif, mais le déchet technique conjugué aux placages manqués (et un peu aussi à l’arbitrage sur l’essai de Gunther) montrent bien les lacunes actuelles de cette équipe.

Pâques, l’heure des résurrections
Face à ces pronostics pour le moins pessimistes, les Agenais ont tout de même une carte à jouer. Celle du relâchement. Mathieu Blin et consorts diront bien que mathématiquement, la descente en Pro D2 n’est pas encore entérinée. Mais eux-mêmes reconnaissent déjà avoir déjà un pied et demi dans la division inférieure. Rester dans l’élite n’étant plus un objectif très réaliste pour eux, les pensionnaires d’Armandie mettent finalement la pression sur le MHR qui peut encore rêver d’une qualification directe en demi-finale avec une fin de parcours parfaite. Foutu pour foutu, autant s’amuser un peu et semer la zizanie chez les cadors. Un SUA très joueur ferait figure du parfait poil-à-gratter et pourrait en tirer quelques bénéfices en vue de la saison prochaine. Avec un gros noyau de joueurs prolongés ou toujours sous contrat, Agen peut travailler ses fondamentaux et peaufiner ses systèmes « à balles réelles ». Décomplexé, le club peut même, sait-on jamais, réaliser l’un des plus beaux come-back de l’histoire du rugby français. Ce serait dans le meilleur des mondes. Mais après tout, Pâques célèbre bien la résurrection du Christ. Alors pourquoi pas celle du SUA ?

Dimitri Laleuf

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