Fumel et Penne : un mariage forcé


Jean-Louis Costes présentait jeudi dernier au conseil communautaire fumélois le projet de fusion entre Fumel Communauté et la Communauté de communes de Penne d’Agenais (CCPA). Le président rappelait en introduction que la CCPA, qui regroupe 5 000 habitants et 8 communes (Auradou, Dausse, Frespech, Massels, Massoules, Penne d’Agenais, Saint Sylvestre et Trémons), n’a pas le choix et doit, pour respecter la loi NOTRe, s’unir à l’un de ses voisins.

La CCPA n’a pas le choix
« La CCPA a tout d’abord tenté une approche auprès de la communauté des Portes d’Aquitaine en Pays de Serres qui, du fait de sa densité et de sa ruralité, peut rester seule et ne veux donc pas fusionner. Après étude financière, les huit communes ont finalement choisi de basculer avec Fumel plutôt qu’avec Villeneuve et ont déjà validé cette décision », expliquait Jean-Louis Costes. Cette volonté a été actée par la commission départementale et le préfet. Le député-maire de Fumel l’approuvait, expliquant l’absence d’alternative et les nombreux avantages : « Le nouvel ensemble représentera 27 communes et 24 900 habitants. Cela nous donnera plus de m0oyens et renforcera les services publics du territoire ».
Soumise au vote, la délibération était validée avec 29 voix pour, 1 abstention et 12 contre. En effet, suivant leurs conseils municipaux, les communes de Blanquefort-sur-Briolance, Condezaygues, Montayral et Saint-Vite ont rejeté ce projet. Jacqueline Belotti pour Saint-Vite résumait la pensée des opposants : « On ne respecte pas l’esprit de la loi qui parle de bassin de vie. De plus, les populations n’ont pas été consultées ». Christian Laporte élu de Condezaygues rajoute qu’« il n’y avait aucun projet commun derrière cette fusion ».

Opposition politique
Après avoir ironisé, sur ses opposants ayant tous la même couleur politique, Jean-Louis Costes rappelait la responsabilité du législateur qui n’a pas voulu l’éclatement de la CCPA : « Côté projets, nous avons un an pour y travailler, la fusion étant prévue pour le 1er janvier 2017, et des commissions intercommunales vont s’y atteler ». Jean-Jacques Brouillet, maire de Libos, regrettait de son côté que « la com-com n’ouvre pas grand ses bras à la nouvelle mariée. C’est un mariage forcé d’accord, mais nous devrions plutôt accueillir les nouvelles communes d’une façon positive plutôt que de nous braquer et donner une image négative aux entrants ».
Le conseil votait ensuite à l’unanimité plusieurs délibérations. Tout d’abord, celle concernant les nouvelles règles de répartitions du coût de la voirie qui auront nécessité 18 mois de négociations en commission. Puis celle sur la délégation de service public du cinéma Le Liberty qui ne faisait pas non plus débat et était adoptée pour les 8 ans à venir. Enfin, l’approbation du nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal piloté par le cabinet Créham était également adoptée. Sébastien Ribeiro, le responsable du service Urbanisme, n’a plus qu’à le déposer auprès des services de l’État pour une mise en application finale fin janvier 2016.

Augmentation de la taxe d’assainissement
Cette belle unité ne tenait pas longtemps. La réforme de la taxe d’assainissement divisait à nouveau les élus. Jean-Jacques Brouillet, vice-président en charge des Travaux, présentait les augmentations. « On ne pourra pas réaliser les travaux d’entretien et de rénovation si on ne fait pas des efforts. Ainsi, la part fixe passera de 40 à 70 euros et la variable de 1,25 euros le m3 à 1,50 euros soit une augmentation de 30% pour le client au total. »
L’opposition venait à nouveau de Blanquefort, de Condezaygues, de Montayral, de Trentels et de Saint-Vite qui auraient souhaité un lissage dans le temps de ces revalorisations. Passablement énervé, Jean-Louis Costes s’en prenait verbalement à Sophie Gargowitsch : « Vous n’êtes pas honnête intellectuellement, vous validez en bureau des maires puis votez contre quand la presse est présente ». Cette dernière faisait remarquer au président qu’elle n’avait rien pu valider, n’étant pas présente au dernier bureau et trouvait les propos de son adversaire « insultants ».
Jean-Jacques Brouillet réclamait des opposants des propositions ou menaçait de ne pas rénover la station d’épuration « qui en a grand besoin ». Finalement la décision était approuvée à la majorité de l’assemblée.

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