Fumel-Vallée du Lot face à son avenir


Tandis que la plupart des élus attendent sagement septembre pour évoquer l’actualité, Didier Caminade, le président de Fumel-Vallée du Lot, avait beaucoup de choses à dire en cette fin du mois de juillet. Il faut dire que le territoire qu’il dirige doit faire face à plusieurs problématiques majeures et urgentes.  En premier lieu la démographie médicale, que la com-com n’hésite pas à qualifier de « détresse médicale ». A tel point que Didier Caminade et ses équipes sont allés se battre auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir la classification en « zone prioritaire ». « Ce n’était pas le cas au départ et cela aurait un handicap supplémentaire terrible, précise le président. L’ARS s’était basée sur des bilans de 2015 qui ne tenaient pas compte de la fin d’activité de quatre de nos médecins (ndlr, trois départs à la retraite et un décès) ni des trois retraits supplémentaires qui surviendront dans les deux ans à venir. Sept praticiens en moins en cinq ans, c’est énorme ! Plus de 6000 patients fumélois se retrouvent aujourd’hui sans médecin traitant, pareil pour les spécialistes et les dentistes. Comme nous sommes sur un territoire anciennement ouvrier et industriel, la fin de vie est parfois difficile. C’est la double peine. » La mansuétude de l’ARS permettra ainsi à Fumel-Vallée du Lot de faire bénéficier aux futurs jeunes toubibs d’aides à l’installation non négligeables (50 000 euros) et des soutiens de la CPAM. Dans un contexte de désertification médicale prégnant, chaque levier pour rendre le territoire plus attractif que les autres est le bienvenu. La collectivité fuméloise en sait quelque chose, elle qui échoue toujours depuis le début de l’année à trouver des occupants pour son projet de maison de santé sur l’avenue de l’usine. « On va de déceptions en déceptions. Nous avons eu une quinzaine de contacts dont cinq en direct. Aucun n’a abouti malgré notre proposition de salarier les généralistes entre 4000 et 6000 euros nets par mois. Une praticienne espagnole nous a rencontrés, on lui a trouvé le cabinet, un logement provisoire pris à notre charge pendant trois mois, un place en crèche… Et malgré tous ces moyens mobilisés, c’est soit insuffisant au niveau de la rémunération, soit d’autres territoires proposent mieux. Il y a actuellement une surenchère pour attirer des médecins qui fait monter les prix », déplore Didier Caminade « un peu désabusé ». Le projet de MSP, prévu pour 2020, reste suspendu à l’arrivée de candidats et sera reporté en conséquences.

Une ferme solaire à la place de l’usine ?

Autre gros dossier, celui de la reconversion du site de l’usine de Fumel. Après plusieurs réunions avec les services de l’État, Fumel-Vallée du Lot se trouve face à deux problèmes : le traitement environnemental qui aurait dû être fait et celui qu’il reste encore à faire. Avant d’envisager tout projet, il faut au préalable dépolluer. Une opération qui peut potentiellement coûter une petite fortune. Les conclusions d’une étude des sols comparative sur la période 2008-2014 permettront de déterminer le montant exact d’ici la fin de l’été. Et comme l’institution ne peut porter à elle seule ce chantier et celui des futures installations qui remplaceront l’actuelle verrue, les élus envisagent de réaliser une concession d’aménagement. « Le site fait une vingtaine d’hectares. Si nous avons déjà acté le fait d’en consacrer deux pour la machine de Watt et le quartier des directeurs, il en reste 18 à occuper, et c’est beaucoup. C’est pourquoi nous allons lancer très rapidement un appel d’offres pour qu’un opérateur public ou privé prenne tout cela à sa charge », explique Didier Caminade. Ce dernier révèle que des contacts ont déjà été noués avec la Générale du Solaire pour la création d’une ferme photovoltaïque. « Ce n’est pas le projet le plus sexy mais il ne coûterait rien à la collectivité et nous permettrait de devenir un pôle des énergies renouvelables avec le barrage », indique le président. Il y a en effet urgence car le site inoccupé coûtera 120 000 euros chaque année à la collectivité en plus du crédit-bail de 900 000 euros qui court jusqu’en 2030. Cet argent économisé pourrait par exemple servir à recruter des médecins…  

Dimitri Laleuf

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