Galerie Gajac // L’impressionisme à la japonaise


Depuis déjà quelques jours, il balade son reflex numérique dans les rues de la Bastide. L’artiste japonais photographe Fuké P-San a posé ses valises à Villeneuve-sur-Lot pour trois semaines et une exposition de ses oeuvres à la Galerie Gajac. Depuis déjà quelques années, l’homme s’est transformé en globe-trotter pour aller capter en Bulgarie, Roumanie, Italie ou encore Paris, des images au fil de ses émotions. Et il ne choisit pas ses destinations par hasard…
Ainsi, s’il a choisi de venir atterrir en Lot-et-Garonne, c’est grâce à Christine Mourgues avec qui il discute d’art depuis près de deux ans via… Facebook : « Nos conversations ont démarré juste par une demande d’amis émanant de ma part » explique la galiériste villeneuvoise. Et quand Fuké P-San se déplace, c’est avant tout pour aller à la rencontre de ses amis virtuels : « Pour prendre mes clichés, j’ai besoin d’émotionnel. Et connaître en réel des personnes avec qui je partage des moments virtuels me procurent ces émotions ». Dès qu’il a su que Christine Mourgues ouvrait sa galerie, il a proposé d’emblée de venir exposer.

Entre peinture et photo

Les créations de Fuké P-San interpellent. Non pas par le sujet qu’elles traitent, mais par le style artistique qu’elles portent, où les couleurs sont à l’honneur. Des couleurs irréalistes qui viennent à faire douter de la nature des oeuvres… Photo ou peinture ? La confusion est voulue par l’artiste : « Cette question, je souhaiterais qu’on ne la pose plus. Je cherche justement à effacer les frontières entre ces deux techniques artistiques, casser les codes établis… »
Ainsi, Fuké P-San, pour obtenir ces images irréalistes, prend souvent des clichés de nuit ou à lumière faible, avec un temps d’exposition long : « Je capte alors des couleurs que l’oeil humain ne voit pas. Je travaille ensuite sur ordinateur pour les pousser et obtenir ces tons sans aucun rapport avec la réalité ». Car l’important pour Fuké P-San est de transmettre, via la couleur, l’émotion qu’il a ressenti en appuyant sur le déclencheur de son appareil photo, à l’image d’un peintre impressionniste qui faisait fi du réalisme. Un courant de peinture cher au photographe japonais…

Expo de cartes postales

Mais les photos de l’artiste ne seront pas les seules exposées à la galerie par ce dernier. Utilisant le pouvoir des réseaux sociaux, il réclame à ses amis Facebookiens d’envoyer une carte postale sur chaque lieu de sa prochaine exposition. Accrochées ensuite sur des miroirs, elles sont autant de messages adressées à l’artiste mais également à la personne qui les découvre et dont le visage se reflète dans la glace. Depuis une plusieurs de jours, Christine Mourges en reçoit une dizaine chaque matin, en provenance du monde entier.

Annabel Perrin

Expo du 7 octobre au 31 décembre – Galerie Gajac, rue de Penne –
Vernissage en présence de l’artiste mardi 7 octobre à 18h30 –
Rencontre prévue le samedi 11 octobre à 14h30

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