Grand Frais jette un froid au marché couvert


Le marché couvert a trouvé son Voldemort. Le grand méchant de la saga Harry Potter dont on ne doit pas prononcer le nom mais qui plane comme une menace constante. En l’occurrence, c’est Grand Frais, la grande surface qui propose ses fruits, légumes, fromages, viandes et poissons depuis mercredi à Boé. Personne n’en voulait, mais il est bien là. Les élus agenais s’étaient battus en multipliant les recours contre son implantation, sans succès. Les commerçants du marché couvert devront donc subir « une concurrence de plus ».

« J’en pense rien »

« Moi je n’en pense rien », explique, laconique, Thierry. Pas la peine d’en parler, ça va leur faire de la pub gratuite. » Fidèle à la règle établie par l’écrivain J. K. Rowling, le primeur ne souhaite pas en remettre une couche. Chez Minotte, et son patron Michel, on soupire. « Oui ça m’inquiète, ça mange encore un peu plus le gâteau, ça ne va pas nous faire du bien ».
Leurs collègues du marché sont plus diserts et ne se cachent pas pour dire tout le mal qu’ils pensent de la chaîne installée à la sortie de la ville. C’est le cas d’Aymé, de la boucherie Chevalley, qui connaît bien le dossier. « Je suis allé voir à Montauban, raconte-t-il, le rayon boucherie propose une côte de boeuf à 13,90 euros, que l’on ne me parle pas de qualité. D’ailleurs leurs propres prospectus annoncent une durée de maturation de 10 à 15 jours, ce qui prouve que c’est de la viande surpermaché.  » Lui ne décolère pas non plus d’une réglementation française qui laisse la porte ouverte à ce type de grandes surfaces. « C’est la mort de l’artisanat, même si nous restons un gage de qualité. »

Pari de la qualité et rénovation

Voilà un secteur sur lequel les marchands du centre-ville peuvent compter. Celui de la qualité, « de l’écoute, de la proximité et du conseil » rajoute même Karine de la Fromagerie des Halles. « Cela reste une grande surface avec des produits de grandes surfaces. Nous  travaillons avec des locaux, et les gens qui veulent des vrais bons produits sauront que c’est ici qu’il faut venir. »
Ils le sauront d’autant mieux que le lieu devrait prochainement faire peau neuve. La Ville a prévu de le remodeler. Un ravalement de façade est programmé, pour un coût d’1,35 millions d’euros, financés par le futur gérant du parking. Cette opération sera  accompagnée, voire précédée, d’une rénovation de l’intérieur du marché où la circulation et les stands seront concernés. Un coup de baguette magique qui assurera, peut-être, une seconde vie à l’un des plus vieux marchés d’Agen.

Gauvain Peleau-Barreyre

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