La guerre des lits réveille le personnel


Le Pôle santé du Villeneuvois n’a pas encore ouvert ses portes qu’il provoque déjà la colère d’une partie du personnel soignant des établissements hospitaliers du Villeneuvois et du Fumélois, par la voix de leurs délégués CGT. Si la mutualisation d’une partie des activités entre hôpital et clinique fait monter la tension dans les couloirs de Saint-Cyr, l’établissement fumélois commence lui aussi à fulminer.
Ainsi, une dizaine de représentants du personnel soignant de l’hôpital de Fumel avait donné rendez-vous à la presse devant l’entrée du Pôle santé pour protester contre la création de lits long séjour au sein de l’hôpital villeneuvois, au détriment de ceux existants à Fumel.

Entre Pierre et Paul…
Jusqu’à présent, l’hôpital de Villeneuve-sur-Lot détenait seulement un Ehpad, mais ne pouvait accueillir des personnes âgées souffrant de pathologies lourdes et multiples. Avec le Pôle santé, il a obtenu de l’Agence régionale de santé (ARS), la création de lits long séjour : « Une nécessité pour nous » explique le directeur de l’hôpital, Jean-François Vinet. « Certains de nos patients actuellement en Ehpad relèveraient du long séjour et nous comptabilisons une liste d’attente de 100 personnes sur la structure. Au total sur le territoire, cette décision amène 40 lits supplémentaires pour les soins aux personnes âgées ».
Mais si Villeneuve-sur-Lot se frotte les mains, Fumel, lui rage. Car l’ARS a octroyé ces lits long séjour en en prélevant 30 sur l’établissement fumélois. De quoi  déshabiller Pierre pour habiller Paul…

Une histoire de subventions
« Certes, nous n’avons pas de lits en moins puisque les longs séjours sont transformés en Ehpad » précise Isabelle Lala, représentante CGT du personnel de Fumel. « Mais cela a des répercussions sur le budget du service et sur le personnel ».
En effet, un établissement hospitalier touche davantage d’argent pour des lits long séjour que pour un Ehpad : « Les longs séjours réclament une prise en charge plus conséquente en temps et en personnel » ajoute Joël Fauvelle, secrétaire CGT et personnel soignant sur Fumel. « Irrémédiablement, la décision de l’ARS va entraîner des suppressions de postes à Fumel qui vont toucher des emplois actuellement en CDD ».
Les représentants CGT ont ainsi calculé que 10 emplois allaient disparaître à Fumel. « En sachant que nos patients, eux, ne seront pas déplacés avec les lits… Alors, de quelle prise en charge vont-ils pouvoir bénéficier avec un personnel déjà en effectif limite ? » s’interroge Isabelle Lala.

Annabel Perrin

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