H&M en centre-ville, c’est pour 2019


Depuis plusieurs années, l’arrivée d’un magasin H&M en centre-ville d’Agen était évoquée. Elle est désormais actée après validation du siège du groupe suédois. « C’est une très bonne nouvelle car cela rentre en plein dans notre stratégie Coeur battant. Elle n’a de sens que si les acteurs commerciaux la valident », affirme le maire d’Agen, Jean Dionis du Séjour, avec une joie non dissimulée. L’enseigne s’installerait ainsi sur une friche du boulevard Carnot, juste en face de la brasserie Le Bonheur des dames, à quelques dizaines de mètres des Quatre-feux. 1600 mètres carrés de vente sur deux niveaux seront consacrés aux collections homme, femme, enfant et jeune de la marque. 12 à 15 emplois équivalents temps-plein seraient créés. L’ouverture est prévue pour le début d’année 2019. L’équipe municipale menée par l’adjointe Clémence Brandolin-Robert a commencé à travailler sur ce dossier dès 2014. « Il a fallu convaincre que l’on pouvait fournir un site premium », explique Jean Dionis. N’ayant pas de locaux disponibles sur cette artère, l’équipe municipale a dû faire preuve d’imagination pour que les dirigeants de H&M puisse se projeter « sur un emplacement qui n’était pas numéro un ».

Pas d’argent public

Les contraintes techniques et administratives inhérentes à un tel projet, le cahier des charges exigeant de l’enseigne et la nécessité de renvoyer chaque décision à Stockholm ont fait traîné le dossier. « Nous préférons prendre plusieurs années, cinq ou dix ans parfois, pour être certains de réunir les bonnes conditions et le bon emplacement, explique Bruno Fournier, responsable du service expansion H&M France. L’objectif est d’avoir un magasin pérenne. Dans le cas d’Agen, nous avons mis du temps mais nous y sommes arrivés. Et nous sommes ravis car la ville réunit toutes les caractéristiques pour que ça marche. Nous n’avons jamais éprouvé la moindre hésitation. » L’autre enjeu essentiel était de trouver un investisseur pour porter le projet sur ses fonds propres. Raphaël Abitbol, président de la société toulousaine 2iMa, était tout indiqué après avoir monté, entre autres, près d’une dizaine de magasins portant la griffe du groupe suédois. « Le maire a réussi le tour de force de tout nous faire payer sans injecter un euro d’argent public », lâche malicieusement Raphaël Abitbol. L’affaire lui coûtera « entre quatre et cinq millions d’euros ». « Même s’il aurait été plus simple de travailler en périphérie plutôt qu’en centre-ville, j’adore ce type de projet qui crée toujours beaucoup d’engouement et même de bonheur. A Evreux, pour le premier jour, nous avons accueilli plus de 8 000 personnes », souligne l’entrepreneur et promoteur.

La renaissance de Carnot

La ville a enfin trouvé la « locomotive » qu’elle espérait tant. Et la voir du côté de Carnot représente une belle opportunité pour étendre son attractivité au-delà du seul boulevard piéton. « On a des touches commerciales et de logements sur les bâtiments de Carnot comme on n’en a jamais eues. H&M est un magnifique argument de vente », annonce Jean Dionis. Monoprix, un temps candidat pour occuper l’ancien cinéma, pourrait de nouveau reprendre les négociations. « Ils ont toujours tenu un discours intéressé mais nous disaient : « Ce serait mieux s’il y avait H&M ». H&M est là maintenant… », glisse le premier édile. Quoi qu’il en soit, les travaux de réhabilitation de Carnot « sont prêts à démarrer au niveau technique », affirme Clémence Brandolin-Robert. Il ne reste plus qu’à les voter politiquement.

Dimitri Laleuf

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