« Il faut sauver le soldat Département »


Il est parfois reproché aux élus de se donner en spectacle au détriment du fond. Mais si cela cachait simplement une appétence cinéphile ? Déjà lors du débat d’orientations budgétaires de février dernier les conseillers départementaux avaient filé la métaphore du Titanic menaçant d’un coulage en règle de la collectivité territoriale, terrassée par le double écueil des dotations étatiques en berne et des dépenses sociales en hausse. Hier, alors que l’assemblée réunie à Saint-Jacques passait au vote dudit budget, l’heure était venue de choisir son camp avec une issue : le sauvetage du « soldat Département ». La référence spielbergienne a présidé l’intervention de la Dynamique citoyenne, cornaquée par Christian Delbrel, un groupe d’indépendants qui finalement, et en dépit des « amicales pressions » subies par ses deux membres via leur aile droite, se rallie au budget concocté par la majorité, un budget qui « ne pouvait être que douloureux, pas ambitieux ».

« Insincère »
On a connu soutien plus enthousiaste. Mais comment l’être quand même la majorité et son président rejoueraient bien la guerre des roses, histoire que le gouvernement, et sa loi NOTRe censée simplifier les compétences entre Région et Département, revoient leur script. Renationalisation du RSA, retour des deniers publics : presque de la fiction quand on sait que prévaut désormais l’orthodoxie financière au détriment de la survie des Départements, même de gauche.
« Vous voulez qu’on vous aide à faire pression sur le gouvernement ? », s’étonne Pierre Chollet, élu d’opposition, qui ne s’attendait pas à ce twist final. Mais plutôt que de tenir en haleine les spectateurs d’hier, il a permis à Guillaume Lepers, leader de l’opposition, de sortir des punchlines qui, si elles ne font pas avancer le débat, appuient là où ça fait mal. 350 000 euros pour des tickets restos, création de 15 postes de catégorie A et baisse de l’investissement : « Vous êtes de piètres gestionnaires, nous ne voterons pas un budget irréel et insincère », a-t-il conclu.

Pour l’histoire
Du haut du perchoir, la tirade a du mal à être digérée. C’est d’abord Marie-France Salles qui est monté en première ligne. Sur l’augmentation des dépenses de personnel : « Vous voulez peut-être que l’on vire cinquante agents ? ». Tollé à droite. L’équilibre est prévue pour 2018, la hausse étant limitée cette année à 1,89%, un chiffre peu ou prou comparable à la situation d’autres collectivités, celle d’Agen par exemple pourtant pas du même bord. Pierre Camani a alors haussé la voix pour ramener le calme. « C’est un budget qui va marquer l’histoire », a-t-il rappelé sans oublier de renvoyer ses opposants à leurs études : « Vous brisez le pacte de travail auquel vous avez adhéré. Et je constate que c’est toujours le vide sidéral en terme de propositions ». En espérant un happy end de ses camarades du gouvernement, histoire que ce budget 2016 ne soit pas le dernier.    

Gauvain Peleau-Barreyre

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