Instants perchés, c’est signé !


Le lieu de rendez-vous était à l’image de l’initiative. Iconoclaste. Car c’est sur le toit du marché parking que le collectif Cactus avait choisi d’annoncer que l’événement culturel Instants perchés allait bien avoir lieu les 9 et 10 juin prochain. La convention avec la Ville a bel et bien été signée après moults remous évoqués lors du dernier conseil municipal et qui ont bien failli tuer dans l’oeuf l’initiative. Les Montreurs d’images, le Florida, le Festival de la Prairie, la compagnie de l’Escalier qui monte, la Streetarterie, et Monte le son ont donc concocté deux jours de propositions culturelles originales dans des lieux incongrus : « Ils seront centralisés dans l’hyper centre » précise Jean-Christophe Houin, directeur de la compagnie l’Escalier qui monte. Au total une cinquantaine d’artistes vont investir Agen sur les deux jours. Pour l’instant, aucun membre du collectif ne voulait dévoiler un seul nom à l’affiche… L’omerta règne au sein de Cactus. « Tout est calé, mais il nous manque encore quelques éléments  de communication » précise Florent Bénéteau, directeur  artistique du Florida.
Pour toute info, ils lâcheront donc des pistes déjà évoquées comme une inauguration aux Montreurs d’images avec un ciné concert, la soirée concerts et happening, samedi sur le toit du marché parking, une fête « démente pour les kids » dans la salle des Illustres, et un embouteillage théâtralisé de voitures et bus recréé sur le boulevard piéton. « Notre objectif était, non pas une programmation de chaque structure que l’on empilerait, mais bel et bien des créations en commun ». Théâtre, danse, concert, mapping, graff… Autant de disciplines qui devraient donc s’entremêler durant deux jours en direction de tous les publics.

One shot ?

Des propositions enthousiastes mais énoncées avec une pointe de pessimisme. Le collectif n’oublie pas qu’il a été mis en concurrence par la municipalité avec un autre projet « Folies vocales ». Une décision qui remet en cause la pérennité d’ « Instants perchés ». Car si côté budget les 80 000 euros de subvention municipale sont suffisants pour mener la première édition, le projet culturel originel s’étalait lui sur trois années avec une ambition croissante de programmation. Or, pour le mener à bien, « Instants perchés » a besoin d’aller chercher d’autres partenaires financiers que la municipalité. Une exigence d’ailleurs formulée par la ville dans l’appel d’offres qui exigeait 20% d’auto-financement de la part de l’événement culturel choisi. Mais pour aller décrocher des subventions auprès de la région ou encore l’état, lorsqu’on est un projet culturel, il faut s’y prendre bien à l’avance, bien avant en tous les cas l’été prochain, date à laquelle le comité d’évaluation aura délivré son verdict… « Aujourd’hui, on s’attache essentiellement à ce que ces « Instants perchés » se passent bien, qu’ils rencontrent le public agenais » explique Matthieu Léonard, des Montreurs d’images. « Pour la suite, on sait juste que le collectif, lui, sera pérenne et continuera ses actions avec ou sans la ville.» Le cactus possède, il est vrai, une résistance impressionnante aux aléas du climat…

Annabel Perrin

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés