Instants perchés, le festival qui met de la hauteur à la culture agenaise


C’est donc parti pour deux jours… Le festival « Instants perchés » s’implante dans le coeur de ville avec une programmation originale aux teintes vives de musique électro. Concocté par le collectif Cactus qui regroupe les associations des Montreurs d’images, Le Florida, La Cie de l’Escalier qui monte, la Streetarterie, Monte le son et la Prairie, « Instants perchés » joue la carte de l’originalité, détournant les lieux de leur fonction initiale pour y accueillir une dizaine d’artistes.

Metropolis 

Premier rendez-vous, ce vendredi soir aux Montreurs d’images avec la projection de Metropolis, film culte de Fritz Lang, muet et mis en musique par l’Orchestre de Chambre d’Hôte venu de Toulouse. Mené par Jean-Paul Raffit, la formation alterne entre impros et morceaux choisis d’Haendel, Fauré ou Purcell.

Boum dans la salle des Illustres

Le samedi après-midi, les gosses sont de la partie avec une boum proposée dans la très solennelle salle des Illustres, une boum pas comme les autres. Les membre de Gangpol et Mit, déjà passés par le Florida, ont créé une radio spécial minus sur le web, répertoriant les musiques pour enfants du monde entier. Ils viennent donc faire les DJ avec cette setlist atypique. Radio minus is in the place.

Au théâtre Ducourneau

C’est le rendez-vous le plus sage de la programmation. Bachar Mar-Khalifé se produit sur la scène Ducourneau. Inclassable, venu du classique, le musicien se plaît à mêler ses racines libanaises avec l’électro tout en ne perdant pas de vue sa formation en conservatoire… Inclassable.

Sur le rooftop du marché parking

Le soir, le toit du marché parking devient « the place to be ». Trois concerts sont programmés. On souligne le retour de « Cabaret contemporain » qui avait surpris la piscine d’Aquasud avec un concert à écouter sous l’eau. Ils reviennent avec un projet bien différent où les instruments acoustiques servent une musique électro. Le DJ sénaglais Ibaaku, lui, est l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Il est l’un des chefs de file de l’afroculturisme, mouvement musical dans lequel l’Afrique s’empare de la culture occidentale pour la mêler à son énergie rythmique. Enfin, The Hacker est la guest star de la soirée. DJ dont le renommée a explosé fin 90 en compagnie d’une certaine Miss Kittin, il est toujours l’ambassadeur d’une musique électro efficace et entêtante.

Annabel Perrin

La programmation hors-normes : Sirènes, textos mapping et embouteillages

Les Instants perchés sont allés pêcher des propositions culturelles improbables et surprenantes. Au premier plan, la Cie Mécanique vivante  amène deux tracteurs véhiculant deux instruments de musique gigantesques aux tessitures différentes. Aux commandes, les musiciens de la compagnie composent en live en se jouant des sons déjà mis en boîte dans leur machinerie. Cet orchestre  venu d’ailleurs va déambuler tout au long de la journée de samedi et faire le lien entre les divers lieux de concert du festival. Il suffira au public de suivre le chant des sirènes pour ne rien rater de la programmation. Sur le boulevard, la voiture, revenue pour créer des embouteillages, devient terrain de jeu pour les graffeurs de la Streetarterie mais également pour les comédiens de la Cie de l’escalier qui monte. Jean-Christophe Houin et sa troupe, agenais depuis toujours, vont donc jouer de l’habitacle étroit d’un véhicule quatre roues pour y créer des scénettes en interaction avec le public de passage. Le rooftop n’est pas en reste avec deux performances et installations étonnantes le samedi soir. U-Machine, duo toulousain, est né de la rencontre entre une danseuse et un vidéaste. Le tandem donne à voir une prestation où l’installation numérique toute en projection et lumières interagit en live avec les mouvements de la danseuse. Au-delà d’interroger le rapport du corps avec la machine, U-Machine donne surtout à voir un spectacle à l’esthétique épurée où les mouvements en ombre chinoise entrent dans l’univers numérique projeté pour le contrôler. Gravity, lui, joue le ludique pour créer de l’artistique. Car il utilise sms et désormais photos pour créer en mapping un mur de messages dégringolant à la manière d’un tetris. Une forme de cadavre exquis utilisant les nouvelles formes de communication qui s’adapte au bâtiment sur lequel il est projeté. Deux installations sur deux lieux différents sont prévus. Gravity est un artiste, originaire d’Agen, qui a fait le tour du monde des festivals avant d’être, enfin, programmé dans sa ville d’origine.

 

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